Réflexion : avenir des options facultatives théâtre, évaluation et partenariat [rentrée 2008]

Publié le par Maltern

[Un extrait d'une intervention prsonelle sur une liste d'enseignants de lettres, dont un certain nombre enseignent en option théâtre légère ou "lourde"]

Bonjour,

Un sentiment que je partage exprimé par un colistier... On a le sentiment que les options "légères" sont un peu sur le grill et qu'il faut se donner les moyens de les défendre face aux administrations et autres... Face ans doute à des politiques d'autant plus inquiétantes qu'elles sont difficiles à discerner parfois.

Un de ces moyens passe par une réflexion pour renouveler l'évaluation qu nous faisons des élèves et la rendre plus lisible, détaillée, visible etc. Le sérieux étant pour certains synonyme de quantité de notes dans la matière sur le bulletin (Hé oui...!)

Par ailleurs une dérive ouverte et "possible" depuis la prescription de partager la note en 10 points théorie et 10 points pratique lors des épreuves du bac c'est que le duo enseignant / comédien se contente de noter chacun de son côté sur 10 et de faire une addition, sans prendre en compte le profil global du candidat, en compensant une faiblesse dans un domaine par une maîtrise dans l'autre si c'est équitable.

On a pris ces dispositions, - à juste titre me semble-t-il -, pour valoriser les candidats suivant l'option par rapport à ceux qui sont candidats individuels (ou "candidats libres") qui dans certaines académies étaient nombreux (le coef. 2 attirant les "chasseurs de points") et n'ayant pas de résultats sensiblement différents des candidats ayant suivi l'option.

D'où la remarque qui circule dans les commissions de préparation : « si les options n'ont pas de meilleurs résultats, pourquoi nos tutelles financeraient-t-elles indéfiniment des filières optionnelles coûteuses et qui ne sont pas "rentables" en terme comptable... ou productiviste. » D'où le souci d'utiliser l'évaluation comme moteur pour creuser la différence entre candidats libres et ayant suivi l'option.

Soit... mais l'effet pervers "possible" à terme c'est :

1 / de renforcer la part du théorique sur le pratique (c'est plus facile à évaluer pense-t-on... et puis les enseignants sont plus présents en terme horaire que les intervenants dont les horaires d'interventions diminuent.) 

2 / de pratiquer en cours d'année une double notation qui n'a rien à voir avec une note donnée à deux après discussion 

3 / ce qui reviendrait (j'use du conditionnel ! car il s'agit d'une dérive possible et non d'un état de fait me semble-t-il) à transformer le fameux partenariat de l'enseignant et de l'intervenant, celui qui se vit face à la classe que l'on co-anime en une double intervention de deux experts différents, l'expert en théorie, et l'expert en pratique.  

C'est là que l'on en arriverait à abandonner l'esprit des textes fondateurs et toujours en vigueur qui a fait naître ces options. Qui en faisait l'originalité et il faut bien le dire la difficulté...

Vieux débat, mais qui, compte tenu de l'appauvrissement des moyens (heures d'enseignants et d'intervention des comédiens et comédiennes), des nouvelles dispositions des épreuves, et de "l'air du temps" ne me semble plus du tout secondaire ni inutile.

Cette logique de pré-carré et de double expertise qui peut s'installer en lieu et place de la logique de partenariat ( je parle du partenariat face classe, et dans le projet pédagogique d'année, la manière d'user de nos liberté de "traiter le programme" et d'inventer les 30% laissés à l'initiative des enseignants et intervenants, non de celui que signent les administrations des lycées et celle des établissements culturels... qui est plus simple ( ! ) à gérer )

Autre dimension de la question : le mode de passage des certifications théâtre pour les enseignants porte sur la théorie en grande part. C'est nécessaire : comment transmettre une culture qu'on n'a pas acquise ? Mais... est-ce suffisant ? Actuellement beaucoup d'intervenants, intermittents du spectacle assurent leur avenir incertain (quels seront les effets des nouvelles dispositions d'octroi des indemnités chômage, - les deux refus d'offre d'un emploi menant à une suppression des indemnités ?) en passant les épreuves du "Diplôme d'État d'enseignement du théâtre" c'est sage et prudent.

Mais... mais... un tel "bardage" de diplôme sera-t-il garant de la qualité, de l'esprit des options artistiques, de ce lieu où la culture enseignante et la culture des artistes apprenaient à se rencontrer et s'apprenaient l'une l'autre ? Fini les stages "conjoints" où enseignants et artistes travaillaient ensemble sous la direction d'un grand bonhomme du théâtre ? (Je pense au petit bouquin de Brook : le diable c'est l'ennui qui est né comme ça... ) N'était-ce pas une vraie et sérieuse formation à l'enseignement dans ces filières ?

Une chose m'a laissé rêveur également... c'est la manière dont furent accordées la toute première vague des certifications (être en poste....) et l'exigence du niveau demandé aux candidats actuels (Ceux qui confondent le talent d'animateur de clubs théâtre, - je le dis sans condescendance, c'est aux clubs, aux militants, aux animateurs d' A.A. que les options doivent la plupart de leurs élèves, - se trouvent parfois surpris et entreprennent un parcours de formation. Mais c'est dur : facs offrants des formations théâtres lointaines, stages rares et parfois coûteux etc.) Quand verrons-nous de vraies formations inter académiques ou nationales pour préparer à la certification ? Et les retour des formations conjointes ? bien sûr ce n'est pas une priorité en terme quantitatif, je crois que 365 lycées ont des options, mais si on pense en terme de qualité, on ne peut se satisfaire entièrement de la situation actuelle.

Pardon d'être long, mais la question est complexe. Pour revenir à la question de départ comment co-évaluer nos lycéens d'une manière qui concilie nos moyens l nos exigences et... les prescriptions des programmes et ... le respect d'un vrai partenariat avec les intervenants ? Je prends le cas de mon établissement : 2 heures par niveau au lieu de trois ( !), 49 heures d'intervenants artistique à répartir sur les trois niveaux, 6 spectacles à voir pour "l'école du spectateur". Excluant l'idée d'heures d'un enseignement purement théorique pratiqué de manière strictementdouble énonciation, des manipulations sur les didascalies (jeu sans D., avec D. de l'auteur, avec autres D. etc.) Bien sûr il y a les DVD et certains excellents, mais sacrifier du temps de jeu à l'analyse assise quand on n'a que deux heures me gène un peu. magistrale je m'oriente vers la confection de petits polycopiés, de travaux pratiques à faire hors séquence de deux heures, ou d'exercices liant la pratique sur le plateau et les notions théoriques ex. les "adresses" dans le jeu et les questions de

Sans doute certains ont des idées... rencontrant les mêmes difficultés voire pire ( !) Je rêve d'une bourse d'échanges de pratiques pour ces options légères. Ayant aussi enseigné dans les options lourdes, il me semble que la question se pose en d'autres termes : horaires plus larges, et profil d'élèves complètement différents.    

En tout cas bien à vous et merci d'avance de vos réponses

Cordialement C. Me.

et bonne rentrée à tous !



 

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