Grüber : La critique évalue la l'apport d'un metteur en scène contemporain : Solis, Thibaudat, Mikaël

Publié le par Maltern



Grüber : La critique évalue la l'apport d'un metteur en scène contemporain : Solis, Thibaudat, Mikaël

1941-2008

[Klaus Michael Grüber, meurt le 23 juin 2008 du cancer. C'est un metteurs en scène important du théâtre contemporain pour le recherches qu'il a mené sur un renouveau de la théâtralité.Trois documents à analyser, Rene Solis dans le quotidien Libération, Jean-Pierre Thibaudat (ancien critique de Libération passé au journal Internet Rue 89), et Ludmila Mikaël, qui fut sa Bérénice en 1984 dans l'hebdomadaire l'Express , donnent à chaud leur réaction à sa disparition. Il va de soi que nous sommes dans le registre de l'éloge dans les trois cas. On peut faire un tableau faisant apparaître la nature du contenu strictement informatif de ces trois textes. Peut-on à partir d'eux dresser un bilan de l'apport singulier de ce metteur en scène au théâtre contemporain et à sa conception de la création ? Pour situer les enjeux, quelques questions : quoi Grüber élargit-il les frontières du théâtre ? quel est son rapport à la parole dite sur scène ? au lieu scénique ? à la direction d'acteur ?En quoi le spectacle est-il élevé à une « expérience existentielle » ? Quels jalons de sa carrière sont-ils retenus ? Quels sont ses héritages et ses legs ? ]


Grüber, silence prolongé

Figure essentielle du théâtre européen, le metteur en scène allemand, qui débuta comme assistant de Giorgio Strehler, est mort hier à l'âge de 67 ans.

René Solis

Qotidien Libération 24 juin 2008


Ces derniers mois, retiré dans sa maison de Belle-Île, il avait reçu la visite de plusieurs de ses pairs et de ses acteurs, bouleversés par une issue que tous savaient proche. Sans doute usait-il ses dernières forces à les recevoir dignement et sans effusions, tel qu'ils l'avaient toujours connu. Le metteur en scène allemand Klaus Michael Grüber, mort dans la nuit de dimanche à lundi d'un cancer à l'âge de 67 ans, laisse derrière lui l'un des plus beaux sillages de l'histoire du théâtre européen.


Douceur. Jeanne Moreau, qu'il avait dirigée en 1986 dans le Récit de la servante Zerline, disait que mis à part Orson Welles, aucun autre metteur en scène ne l'avait tant impressionnée. «Orson Welles du théâtre», on peut garder l'image : physique de terrien, géant barbu et peu disert, douceur et démesure. Né le 4 juin 1941, Grüber est au début des années 60 élèves du Conservatoire d'art dramatique de Stuttgart, puis assistant de Giorgio Strehler au Piccolo Teatro de Milan. Il y met en scène ses premiers spectacles, notamment, en 1968, Off Limits d'Arthur Adamov, avec une scénographie du peintre Eduardo Arroyo qui, avec Gilles Aillaud, sera l'un de ses fidèles.


En 1972, il rejoint la Schaubühne de Berlin, dont il devient metteur en scène associé. Il y formera, avec Peter Stein, un duo artistique qui inspirera vingt ans durant des dizaines de metteurs en scène européens. Tandem de contraires : si Stein est l'intello brillant, Grüber est le poète autiste, qui visualise beaucoup et parle peu.


De Strehler, il a retenu tout ce qui ne s'apprend pas : l'art de la légèreté, le sens de la musique et du détail, l'idée qu'un geste juste suffit à tout. Contre l'artifice, le bavardage, le commentaire, le théâtre sera d'abord pour lui révélation, au sens photographique ; le lieu du noir et du silence. Au-delà des différences d'esthétique, et de la diversité des textes abordés, tout spectateur de Grüber a pu, à un moment où un autre, faire l'expérience d'une forme de sidération par le vide et d'une redistribution de l'essentiel et de l'accessoire.


Irradiant. A Paris, en 1975, il présente Faust-Salpêtrière, d'après Goethe, avec notamment André Wilms, première étape d'un long compagnonnage avec le Festival d'Automne. Spectacle majeur et largement incompris, sauf d'un Bernard Sobel qui, dans sa revue Théâtre/Public, est l'un des rares à lui consacrer des pages enflammées. En 1984, Jean-Pierre Vincent l'invite à monter Bérénice de Racine à la Comédie-Française, avec Ludmila Mikaël, Richard Fontana et Marcel Bozonnet. Sans doute le spectacle le plus irradiant donné depuis cinquante ans dans ces murs. Au détour d'un des très rares entretiens qu'il a donnés, il déclarait à cette époque, dans Libération (6 décembre 1984) : «Le metteur en scène, c'est un homme qui parle de la beauté... Quelqu'un qui élimine la peur des acteurs - ils sont pleins de peur -, mais une fois la peur levée, ils deviennent tellement beaux...» De Bérénice aussi, cette note de répétition : «Penser le vers avant, et après le dire (la vie après la mort). Si on le vit vraiment profondément avant, il restera un éclair après


Sur Grüber en répétition, les anecdotes abondent. Pour les acteurs avides de conseils, le premier contact était souvent déroutant. Ainsi, cette injonction à pleurer «mais seulement de l'œil gauche». Prince des bois bourru, toujours assis dans la salle, cigarettes et champagne à portée de main, il était bien celui qui parlait de beauté et pas de technique. Et à rebours d'à peu près tous les autres, il estimait toujours qu'on répétait trop, réclamant souvent d'avancer une date de première d'une semaine, voire de deux... «Il ne faut pas enfouir les choses sous leur perfection», disait-il un jour à Gilles Aillaud. Mais c'est aussi que rien n'était laissé au hasard : hors de question qu'un acteur arrive le premier jour sans savoir parfaitement son texte, sans que les costumes soient prêts, le décor en place, les lumières déjà imaginées... Tout un travail préparatoire qui reposait sur la confiance, et explique qu'il aimait travailler avec les mêmes.

A Berlin, ou à Paris, presque chaque spectacle de Grüber est un événement. Ainsi l'Affaire de la rue de Lourcine, de Labiche, créée en allemand en 1988, cauchemar hilarant à couper le souffle. Mais aussi Amphitryon, de Kleist d'après Molière (1991), Spendid's (1994), splendeur de Genet tout en pulsations lentes, et encore le Pôle, de Nabokov (1996), où André Wilms retrouve Bruno Ganz, autre acteur fétiche de Grüber. D'autres aventures, plus confidentielles, ne sont pas moins inouïes, ainsi Mère blafarde, tendre sœur, spectacle d'une heure présenté en juillet 1995 au cimetière russe de Weimar, avec le même Bruno Ganz, inspiré d'une lecture de l'Ecriture ou la vie de Jorge Semprun. Et que dire de cet atelier autour des Géants de la montagne de Pirandello, donné en 1998 avec des élèves du Conservatoire et... Michel Piccoli ? L'acteur qualifiait pour l'occasion Grüber de «metteur en scène miraculeux».«Dans l'absolu, ajoutait-il, si cet exercice constituait mes adieux, ce serait un luxe» (Libération du 6 octobre 1998).


Ces dernières années, Grüber avait beaucoup travaillé pour l'opéra, revenant notamment à la Maison des morts de Janácek ou signant, à Aix-en-Provence, en 2003, avec Pierre Boulez au pupitre, une trilogie Stravinski-Schönberg-De Falla, épatante de subtilité.


Tirade. C'est André Wilms qui raconte l'une des plus belles histoires de la légende grüberienne. Familier du metteur en scène, il est choisi pour interpréter Robespierre dans la Mort de Danton, à l'automne 1989. Wilms, qui n'est pas du genre à chuchoter naturellement, s'arrête au milieu d'une tirade : le maître, qui écoute au septième rang de la grande salle du théâtre des Amandiers à Nanterre, vient de lui lancer : «Moins fort, André !» Le comédien reprend un ton en dessous, se fait à nouveau interrompre, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'excédé, il lance : «Mais personne ne va m'entendre !». Et Grüber, toujours très calme, de répliquer: «Ta mère reconnaîtra ta voix!».



Klaus Michael Grüber: la mort d'un géant

Par Jean-Pierre Thibaudat | Journaliste [Rue 89 / 23/06/2008]

Grüber à Berlin en 1988

Le metteur en scène Klaus Michael Grüber vient de s'éteindre dans sa maison de Belle-île, où se sachant condamné, il avait probablement souhaité revenir pour mourir. Loin des hôpitaux et du cirque médical. Loin de toute agitation. Creusant une fois encore le silence, ce calme impérial et cette tendresse aussi sereine que blessée qui habitait toutes ses mises en scène.

« Le rêve au théâtre, c'est vraiment l'émotion. Il ne fait pas oublier Brecht car il avait raison. Mais en même temps, arriver à l'émotion. Sinon, le théâtre va mal tourner. Il faut une simplicité émouvante... Ne plus se contenter de ‘belles mises en scène'... Il faut que le théâtre passe à travers les larmes... Il faut cet abandon », nous déclarait-il (dans Libération du 6 décembre 1984).

C'était un jour finissant au Nemours, un café situé près de la Comédie française, où il venait de mettre en scène  « Bérénice » de Racine, assurément l'un des plus hauts spectacles jamais donnés sur la scène de la salle Richelieu, dans un décor de Gilles Aillaud, son fidèle lui aussi disparu. Une soirée dont on se souvient comme d'un long mugissement, une plainte tenue et ténue, comme un silence bordé de mots, de ces vers si sublimes de Racine, de Grüber disant aux acteurs qu'il souhaitait  « entendre le bruit de la plume de Racine sur le papier » , rapporte Marcel Bozonnet, qui faisait partie de la distribution.

Une sincérité d'écorché vif

On se souvient de ce spectacle comme d'une caresse, d'un frisson. On sortait d'un spectacle de Grüber un peu hagard, on avait voyagé si loin dans les tréfonds du théâtre. Et il en alla de  « Bérénice » comme des autres splendeurs -dans le désordre  :  « Le Récit de la servante Zerline » (1986) avec Jeanne Moreau,  « Sur la grand route » (1984), avec les acteurs de la Schaubühne de Berlin,  « La Dernière bande » de Beckett et  « Faust » , avec l'acteur Bernhard Minetti,  « Les Bacchantes » (1974),  « Empédocle » ( 1976), avec Bruno Ganz,  « Six personnages en quête d'auteur » (1984), avec Angela Wincler,  « Splendid's » de Genêt, qu'il créa,  « Iphigénie en Taulide » à la MC93 -on en sortait dans un état qui était comme le comble de la stupeur et de l'apaisement. Grüber, homme écorché, nous offrait le plaisir solaire et nocturne à la fois que seul le théâtre peut offrir lorsqu'il s'avance nu sur un plateau.  « Calme  !  » était un des mots qu'il aimait répéter aux acteurs qu'il dirigeait avec des mots rares, des énigmes poétiques.

Grüber était cet homme-là. Dénoué de tout faux-semblant, sincère, absolument sincère, violemment sincère. Une sincérité d'écorché vif.  «  Je suis d'une sincérité que je ne peux soutenir très longtemps » , disait-il encore, signe que la conversation serait bientôt terminée. Quand il répétait  « La Mort de Danton » au théâtre des Amandiers de Nanterre (1989), il lui arrivait d'écourter les répétitions, lorsque sa sincérité ayant donné tout son suc, il risquait de  « jouer » au metteur en scène comme le font beaucoup. Les acteurs le vénéraient. Dès 1971 ( « Wozzeck » de Berg d'après Büchner), il signa aussi nombre d'opéras, souvent dans une scénographie d'Eduardo Arroyo. Les louanges suivirent là aussi. L'opéra prit de plus en plus de place dans sa vie et le dernier travail qu'il dirigea fut un  « Boris Godounov » .

Grüber est le plus beau paradoxe que le théâtre ait jamais connu. Nul plus que lui ne voulut chasser le « Théâtre » du théâtre. C'est-à-dire l'hystérie, l'emphase, le paraître, le jeu du chat et de la souris entre un acteur et son personnage, l'épate, l'imagerie, le geste qui claque dans le vide, le théâtre qui fait la pute , qui racole, qui cherche à flatter l'audimat, le théâtre qui pue le compromis. Mais en même temps, Grüber exaltait la convention même du théâtre, ce lieu improbable entre le dedans et le dehors, ce lieu de tous les possibles : des paysans de Tchékhov aux visages peints comme des Indiens devant un public assis sur des chaises comme importées d'un village grec et le tout joué dans le quartier turc de Berlin ( « Sur la grand-route » ).

Le clochard magnifique des  «  Amants du Pont neuf »

Son théâtre prit le théâtre à la source et à la gorge. Tout s'y tient dans la tension du présent, la densité de l'être-là. C'est un théâtre qui se fonde sur l'écoute. Tout en part, tout y revient. En miroir, il y a l'espace du regard, c'est-à-dire le corps de l'acteur, l'espace du plateau, lesquels disent le temps qui passe, la mort au travail. Entre ces pôles, le théâtre de Grüber déplie une électricité qui nous foudroie. Comme un verre qui se brise et dont la mélodie des éclats n'en finirait pas de se propager.

Né en 1941, Klaus Grüber avait été formé en Allemagne et au Piccolo de Milan où, des années durant, il regarda Giorgio Strehler travailler. Et c'est en Italie que cet Européen né signa ses premiers spectacles à la fin des années 1960. De retour en Allemagne, il se retrouva bientôt à la Schaubühne de Berlin avec Peter Stein, où il signa bien des spectacles et fit sortir le théâtre de ses murs ( « Hölderlin » dans le Stade olympique de Berlin, etc.).

En 1975, son premier spectacle en France et en français, « Faust Salpêtrière » d'après Goethe à la Chapelle de la Salpêtrière, fut une émanation du Festival d'automne. Et on peut dire que tout un pan du théâtre français est né de ce spectacle où l'on retrouvait bien des acteurs (Wilms, Didi, etc.) qui allaient faire les beaux jours du Théâtre national de Strasbourg quand Vincent et Engel y signèrent leurs plus belles mises en scène. Chaque année ou presque, Grüber allait être invité à Paris au Festival d'automne. Son dernier travail théâtral fut un atelier autour des  « Géants de la montagne » de Pirandello, avec les élèves du conservatoire de Paris et Michel Piccoli, il y a dix ans. Il arriva aussi à Grüber de faire -parfois- l'acteur : le clochard magnifique des  « Amants du Pont neuf » de Léos Carax, c'est lui.

 "Quitter le plateau"

C'est au Festival d'automne qu'il connut sa compagne, Marie Collin, qui, dans leur maison de Belle-Île, l'accompagna jusqu'à ses derniers instants. Bernard Dort, qui a parlé avec force de son travail, rapportait ces mots qu'il avait tenu à Colette Godard à propos de « Hamlet »   :

« Le spectacle doit finir... La mort n'est pas une chose féroce. Il faut bien quitter le plateau. »

Grüber a discrètement quitté le plateau et rejoint le silence qui lui était cher. Un immense silence grübérien qui n'a pas fini de nous hanter et de nous parler.

Klaus Michael Grüber, il faut que le théâtre passe à travers les larmes ouvrage collectif - Ed. du Regard - 238p.




La comédienne Ludmila Mikaël, qui fut sa Bérénice en 1984, évoque sa rencontre avec le metteur en scène allemand Klaus Michael Grüber, décédé dans la nuit de dimanche à lundi.

Comment avez-vous rencontré Klaus Michaël Grüber ?

Depuis des mois, il cherchait une comédienne pour jouer Bérénice, à la Comédie-Française, mais je n'étais pas au courant. Je travaillais ailleurs, j'étais très occupée. Quelqu'un m'a appelée pour me le faire rencontrer. C'était dans un bar, du côté de Port-Royal. Nous ne nous sommes pas parlé. Il m'a simplement écoutée et regardée. Je me souviens de la lumière tamisée. C'était un peu en pointillé. Plus tard, il a appelé Jean-Pierre Vincent, administrateur général de la Comédie-Française à l'époque, pour lui faire part de son choix. Je ne savais pas que cette rencontre serait si importante dans ma vie.

En quoi cette entrevue fut-elle si décisive ?

Par le travail qui a suivi. Les premières semaines de lecture à la table ont été éprouvantes. J'étais très perturbée car je ne comprenais rien. Et tout à coup, comme par une révélation, tout s'est éclairé. Plus qu'un metteur en scène, Grüber était un maître de vie. Il avait une faculté d'écoute, de silence et d'empathie rares. Comme quelqu'un qui voit à travers vous, qui vous connaît et décèle votre potentiel. Quelqu'un qui vous voit vous débattre dans votre mensonge et vous oblige à aller à l'essentiel.

N'était-ce pas difficile à vivre ?

Oui, bien sûr. J'avais 38 ans et déjà vingt ans de travail derrière moi. Au début, j'éprouvais des résistances énormes. Le mental s'agite. L'ego s'agite. Mais dès lors qu'on accepte, c'est irrésistible et merveilleux. Comme une porte qui s'ouvre. Comme un bain bienfaisant. Les répétitions ne duraient pas des heures. Dès lors qu'on avait senti quelque chose de juste, il préférait arrêter pour nous laisser sur une bonne impression. Le refaire, c'eût été le fabriquer. Mais cette Bérénice a été très contestée. Les gens partaient en faisant claquer leurs sièges. Cela ne nous ébranlaient pas, nous les acteurs. Nous étions très soudés. Nous n'avions pas peur pour nous. Peu à peu, le spectacle a viré au triomphe au point de devenir culte. 

Comment définiriez-vous l'univers de Grüber ?

C'était un univers de magicien et de poète, montrant l'invisible au delà du visible. J'aurais adoré retravaillé avec lui et lui était très attaché à notre groupe. Plus tard, dans le travail, je me suis toujours demandée ce qu'il dirait, ce qu'il penserait. Travailler avec lui est une expérience dans laquelle on ne cesse de puiser. Comme Giorgio Strehler, dont il a été l'assistant, il recherchait la simplicité et l'humanité.

Votre fille Marina Hands a également joué avec lui. En avez-vous parlé ensemble ?

Marina l'a rencontré lors d'un travail d'atelier sur Les Géants de la montagne, dans le cadre du Festival d'Automne à Paris. Elle était bouleversée et tous les élèves l'étaient aussi. Klaus Michaël est un être tellement gentil, tendre. Tellement exigeant, aussi. Qu'elle aie pu goûter à cela, elle aussi,  c'était merveilleux. Moi, j'en ai été marquée à vie. Après la mort de Vitez et de Strehler, celle de Grüber me laisse définitivement orpheline.

[Par Laurence Liban, L'EXPRESS, 24/06/2008 ]


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