"Généreux, militants et enthousiastes" Saga bisontine Université Besançon Licence Théâtre 2002

Publié le par Maltern

C'est la production d'un cours d'initiation à la dramaturgie du théâtre du quotidien donné à des étudiants de théâtre en Licence, en 2003. 

25 heures de préparation à la « rencontre pour le théâtre » (le mot convient mieux qu'interview, récit de vie, entretien etc.) Il s'agissait de rencontrer des personnes et de penser théâtre en parlant avec eux. Les rencontres ont été menées avec un magnétophone, transcrite très exactement. Ensuite une initiation à la dramaturgie et on tire la théâtralité du document brut en se demandant quel est le procédé d'écriture qui convient le mieux. C'est le moment des 25 heures de TD, des appréciations en commun, des bouts d'essai etc. On apprend à écrire pour le théâtre en action, en le faisant soi-même , et ensuite les étudiants proposent des fragments d'écriture. Le thème a été choisi en commun : « Les généreux, les militants, les enthousiastes » rencontrés à Besançon. Bien sur les noms ont été transformé, cela fait partie du contrat passé, sauf pour Mimi l'inénarable patronne du bar Le Coup-Franc ravie d'accueillir les étudiants, et qui eut même les honneurs de la presse ! On rencontre toute une galerie de personnes devenues personnages, de monologues devenus parfois dialogues ou chœur. Travail artisanal où l'écriture tient compte de la scène et du jeu, qui doit beaucoup aux enseignements des auto-cours hebdomadaires et des  enquêtes de fin d'année pratiqués chez Lecoq.

C'est une des étapes de la « Saga Bisontine » entreprise avec les étudiants de la section  théâtre de la Fac et les étudiants du Deust.

On trouvera aussi bien des anarchistes, des syndicalistes, des membres des mouvements associatifs, des étudiants, des professionnels, on croise les univers de la solitude, de la prostitution, du militantisme,   du bistrot, des croyants, des mécréants un seul point commun : l'engagement généreux et l'humanité de ceux qui furent rencntré et revivent dans ces fragments de théâtre.

Quelques extraits : le texte complet des 101 fragments à ce lien : G-n-reux_Militants_Fac_licence.doc Généreux , Militants  et enthousistes [Saga Bisontine] : Un fichier sous Word à ouvrir ou télécharger sur votre disque

[Université de Franche-Comté 2002/2003, C. Merlant, [Licence PHET 332 - 25 CM, 25 TD]

Angela, Arnaud, Basile, Charlotte, Emmanuelle, Estelle, Fanny, Frédéric, Kathia, Ludivine, Mathilde, Nathalie, Nicolas, Pauline, Ruba, Ont fournit les compte rendu de rencontre et dramatisé certains textes

 


 10 - (2) Le sous-commandant Marcos à dit...

F - Les jeunes qui bougent pas  ?  Oui il faut les secouer  !

L'autre - mais faut savoir comment... ceux qui veulent secouer, certains syndicalistes, ils font ça avec de la violence, de la hargne

F - Ceux qu'ont pas envie de se mobiliser, c'est pas forcément qu'ils s'en foutent ou qu'ils pensent mal... C'est qu'ils ont plus le goût de la lutte.

L'autre - Les luttes qui remportent des succès c'est de plus en plus rare parce que la politique est verrouillée

F - ...qu'au bout du compte les décisions elles sont prises par une poignée d'hommes, au plan national, dans les ministères, au plan économique dans les G8

L'autre - Alors ils ont plus l'impression d'avoir un impact

F - Tout à l'heure j'ai une manif pour l'Education

Contest - Eh ben c'est pas avec vot' manif qu'on va arranger la situation

F - Faut avoir un regard sur du long terme et contester à une énorme échelle  !

En France y'a des mouvements, y'a de la grogne.... Ça influence quand même sur les perspectives...

Contest - Mais quel poids elle a ta manif  ?

F - Ben voilà... c'est vraiment le discours capitaliste actuel. On nous dit que les choses elles sont comme ça. Il y a pas les « perspectives »  ! Ecrasé par le système, il arrive plus à rêver...

Les partis au pouvoir, ils gèrent  ! Ils gèrent à peine le quotidien  ! Tu sais ce qu'il a dit le sous-commandant Marcos  ?

Contest - ....

F - Il a dit  : « Nous sommes invincibles car nous sommes une armée de rêveurs  ! »

Contest - ah ben, vous les Trotskistes, pour rêver...

F - Doux rêveurs c'est un compliment. C'est retrouver la perspective. C'est pas gérer  ! Le temps est revenu de redonner espoir à l'Utopie.( rires).


15 - (3) Questions sur soi


Oui, je suis passé de la contestation adolescente de l'ordre à l'anarchisme.

Je me suis pas réveillé un matin en me disant  : « putain je suis anarchiste  ! » Je sais même pas si je suis anarchiste.

Qu'est-ce que ça veut dire anarchiste  ?

Anarchiste, faudrait aller se construire une cabane dans les bois  !

Moi je travaille

Je mets des heures de colles à des gamins

Je conduis une voiture à l'essence

Je suis pas tout le temps en grève, faut que j'aille en cours

J'aimerais bien un travail qui gagne de l'argent


Peut-être un jour, si j'ai une famille j'arrêterai de militer

Mais arrêter d'être anarchiste...

A trente ans, j'irai pas vais voter PS

Ou même voter tout court

C'est pas parce qu'on va pas aux urnes qu'on est à la pêche  !


Qu'est-ce que ça veut dire être anarchiste  ?

C'est une volonté de ne pas être passif

Passif devant ta vie quotidienne

Passif devant sa télé à dire putain la guerre en Irak c'est vraiment de la merde


Moi je pense sincèrement que gueuler ça fait quelque chose

Quand Lepen passe au deuxième tour

Manifester tous les jours, descendre dans la rue et ouvrir sa gueule

Ça a plus d'impact que d'aller voter.


Bien sûr tu te prends des tartes dans la gueule

Bien sûr t'avances pas

Tu fais des conférences  : y a cinq personnes

Mais bon  ! Au moins tu te bouges.

Brecht il disait

« Celui qui se bat peut perdre, mais celui qui ne se bat pas a déjà perdu. »


27 - (4) J'ai rêvé qu'il était amoureux


P - J'ai rêvé qu'il était amoureux

A - Toujours ce petit nuage ce petit rêve

P - Il était tendre, affectueux au restaurant. Lui je l'ai emmené chez moi c'est la première fois

( Geste violent de l'homme au ralenti elle lui donne son sac )

C'était une fin de nuit j'avais beaucoup d'argent

J'ai rêvé qu'il était amoureux



44 - (5) - Parents muets...enfants muets

J - Ma mère, c'était une bonne mère

Mais elle a toujours été très occupée pour aider une tante qui tenait un bar

Une tante qui tenait une cantine

Oui il y a des moments où j'ai pas su trop à qui me confier

Elle était occupée à autre chose.

Mon père il était plus renfermé, il discutait pas beaucoup, il était pas expansif

Maintenant, avec mes sœurs on peut se faire des confidences

En vieillissant on est plus liées

C'est sûr, on est plus liées maintenant.

Parlez-vous de vos problèmes  ? 

A qui  ? 

Maman, papa  ? 

C'est bien de pouvoir discuter

C'est bien.

Des fois parler ça concrétise les choses...

Oui, ça concrétise.

Oui c'est bizarre

Moi qui ne parlais pas, oui maintenant je fais parler

Mais ça n'empêche, j'ai toujours du mal à parler de moi

Même, même en faisant parler les autres

Peut-être que je me rends compte que c'est quelque chose de bien de parler

Et puis, moi si je ne veux pas le faire, donc les autres essaient de le faire hein...

Je ne sais pas, ouais c'est bizarre.


52 - (6) Formation à l'écoute

A - On faisait des écoutes en rond. On était un groupe de quinze ; quelqu'un disait un problème...par exemple

Quelqu'un - « Moi j'ai peur quand je rentre à dix heures du soir chez moi. »

A - Chacun disait une phrase pour dire ce qu'il répondrait

B - Réponse de type maternel

C - De type conseil

B - De type juge

A - Puis on analysait  !

A - Avec les proches ( rires). Là pour changer c'est autre chose, avec mes filles...

La fille - Maman elle est à plein :  « Vaut mieux pas faire ça  ! Tu tu te rends compte des risques  ! » et tout  !

A - Après je réfléchis je reviens dessus, je dis  : « Ben oui, j'ai dit ça parce que je suis très inquiète en tant que mère »

La fille - Maintenant elle peut revenir dessus...

A - Mais avec les enfants y'a toute l'émotion qui joue... C'est beaucoup plus compliqué  ! C'est un peu passionnel  !


53 - (6) Passage à l'acte :  un cas...

A - Il y a une formation de vingt heures.

A 2 - Faut avoir une méthode.

A - C'est basé sur Carl Rogers, je sais pas si vous connaissez  ? 

A 2 - C'est un psychologue, d'après guerre, c'est lui qui a mis au point « l'écoute non-directive »

A - La méthode c'est... la reformulation.

A 2 - Il faut pas qu'on interprète. On reformule simplement ce que dit la personne, c'est ce qui cadre.

A - Ca permet de cadrer, de pas se perdre ses pensées, d'avoir un cheminement un p'tit peu.

A 2 - On reste pas là en silence en train de regarder des gens  !

A - Donc... quand ils expriment une émotion, on la reformule. Par exemple si des gens nous disent

L'Homme - « Ma fille est partie, je suis très triste. »

A 2 - On dit  : « Vous êtes très triste. »

A - Ca peut paraître très artificiel au départ

A 2 - Mais en fait quand on le fait, ça marche  !

A - Parce que les gens s'entendent... ils s'entendent parler.

A 2 - Puis bon ... on reformule pour que les gens ils sachent qu'ils sont écoutés

A - Parce qu'autrement si on dit rien du tout...

A 2 - C'est une technique quand même... Hein  !

A - Moi au départ j'avais du mal. Soit je discutais, soit je donnais des conseils... En fait, il faut se forcer... reformuler  !

A 2 - Mais quand on se force on se rend compte que ça marche. Donc après ça vient automatiquement.

A - Parce que des fois on a l'impression de répéter...

L'Homme - « Ma fille est partie, je suis très triste. »

A 2 - « Vous êtes très triste. »

L'homme - « Vous êtes un perroquet ou quoi  ?  »

A - En fait ça marche, donc après ça devient naturel  !

A 2 - Des fois c'est pas facile de pas donner de conseils. Y a des gens qui demandent des conseils et qui , systématiquement , ils les écoutent pas  !

A - Ils demandent pour se rassurer rien de plus...

A 2 - On leur dit  : vous savez bien ce qui est bon pour vous  !

A - Si c'est un conseil vraiment très pratique, on a un annuaire d'Associations qui peuvent leur répondre ; qui peuvent leur donner des conseils.

A 2 - En fait ils ont envie de parler d'autre chose 

A - On n'est pas des thérapeutes.

A 2 - Et ils viennent pas pour avoir des adresses ou des informations pour le SIDA ou la drogue, ils cherchent autre chose


57 - (7) Faune, us et coutumes du Coup-Franc.

Mimi - Ici y'a de tout  : j'ai des Suisses, j'ai des Italiens, j'ai des Anglais, enfin... au moment des vacances quoi. Quand j'ai acheté le bar, j'étais jeune, j'avais déjà des clients de quarante ans... Bah Y sont tous morts... J'connais trois générations, même quatre...

H - Tout gosse comme ça que je venais  !

Mimi - Pi maintenant t'es père de famille (elle rit)

Mimi - J'en ai un qui va d'vnir professeur en latin. Alors lui y prend des médicaments aussi; mais très gentil, heu, très respectueux... j' l'appelle le curée.

H - Ici on a eu Laurent Baffy... On a eu Richard Anthony ! Quand il était jeune.

Mimi - Oh ! il était mince, il était beau ! Mais maintenant... Mais j'en suis pas amoureuse... Moi, c'est Eddy Mitchell...

H - Mais il est jamais venu.

Mimi - J'ai eu celle du haut-Doubs... La Madeleine Proust.

H - Autrement c'est des sculpteurs, des artistes-peintres.

Mimi - J'ai aussi un aviateur là, toujours bien habillé.

H - Il est dans les bureaux d'aviations.

Mimi - J'ai eu des architectes, j'ai eu de tout.


58 - (7) Le whisky


Mimi - Un bon client, c'est celui qui boit des whiskies... Un mauvais c'est celui qui boit des canons.

H - Qu'est-ce que vous buvez madame  ?

Mimi - Alors j'dis  : un p'tit baby...  !

H - Oh, bah pareil  !

Mimi - C'est comme ça  !

J'ai même des gardiens de prison qui viennent, des matons, et y boivent du whisky.

Toi Jean-Marc en ce moment t'es au régime mais tu bois du whisky...

Jean-Marc - Quand je suis pas au régime. En ce moment je suis un régime pour maigrir.


59 - (7) Bar-confessional


Mimi - C'est le confessionnal ici  ! C'est le p'tit journal « Le Comtois » ici.

Comme dans l' temps... Tout se sait dans le quartier ! Si y a quelque chose au bar-tabac, ou à côté, tout se sait. Je ne sors pas et je sais tout !

H - C'est vrai  ! C'est un p'tit journal...

Mimi - Y'en a un c'est un malade. Lui il est refoulé de partout pace'qui fait l'chien dans la rue. Y'a des ouvriers, des peintres en bâtiment...

H - Pi y a Solange, la curotte, la vieille !C'est une curotte... une punaise de sacristie... Elle boit jamais elle... Elle fait tes courses.

Mimi - Oui mais elle est là devant et elle caresse le chien


73 - (8) La dictée Francophone

C'est culturel. Il y a eu la dictée francophone au CLA

L'an dernier c'est une stagiaire des Seychelles qui a eu le premier prix  : je crois 16 fautes

Et cette année la meilleure dictée, il n'y avait que 6 fautes, alors que c'était très dur  !

Il y avait du français de Québec, du français de Suisse, du français de la Réunion

Avec des mots typiques, c'est très, très, très dur...

X - ( s'avance et dicte ) la dictée) « Nous nous sommes retrouvés tels des « bobets »

C - C'est un mot suisse qui veut dire nigaud

X - « tels des bobets devant nos copies, certains à « frouiller » ouvertement... »

C - Frouiller  ?

X - Frouiller, ça veut dire tricher.

C - C'est du Suisse  !

X - « ... alors il s'est précipité vers le verre rouge de caribou  ! »

C - Caribou  ! Caribou  ! C'est typiquement Québécois  !

C'est à base de vin mais avec une mixture

Il n'y a que le Président de l'association qui connaît la recette  !

Le Président - On peut à cette heure se Garrocher sur le Caribou  ! Garrocher  ?  !

C - Garrocher  ?  C'est se précipiter  ! C'est du Québécois  !

( Précipitation collective....)

Le Président - Les prix cette année c'est des livres, des livres de Beauchemin.

C - ( Revenant avec un verre de Caribou ) - Beauchemin  ?  ! C' est un écrivain québécois.


Philippe le peintre amateur  : La peinture c'est un sport de riche  ! [Texte d'Arnaud]


La grand-mère  : Qu'est-ce qu'y fait Philippe ?

La mère  : Y fait de la peinture...

G-M  : Allons bon; pourquoi faire  ?

La mère  : Il a demandé des boîtes de peintures à Noël...

G-M  : C'est quand même un sport de riche.

La mère  : ça coûte de l'argent...

G-M  : Et nous qu'on vendait des patates... T'arrives à vendre au moins  ?

Philippe  : Il faut un bon réseau pour vendre... Là où j'expose si je connais personne, eh ben j'vends rien.

La mère  : Alors y va à Châlons...

Philippe :  A Châlons j'vends

La père  : Oui mais qu'est-ce qu'il faut acheter comme matos, tout ça...

La G-M  : Non, mais c'est quand même un sport de riche hein...

La mère  : Ho là là ça douille !

Philippe  : Puisque j'vous dit qu'après ça va donner...

La mère  : (ironique) Après... Après...

Le père  : C'est vrai qu'avec la presse maintenant... Y'a moyen de faire des choses...

Philippe  : Et puis ça me fait faire des expériences...

La G-M  : Et nous qu'on vendait des patates... C'est quand même un sport de riche ça.

La mère  : Et pis y fait d'ces choses...

Le père  : ... Pas facile à vendre... (dubitatif) Si t'arrives à te faire 200 balles avec ça...

Philippe  : Il me manque le côté graphique...

La père  : Tu ne pratiques pas assez... Y'a trop de peinture; pas assez de dessin

La mère  : De toute façon y fait qu'des singes...

La G-M  : Si au moins y pouvait s'faire cinq milles balles en peignant...

La mère  : Qu'y puisse en vivre !

La G-M  : Voilà c'que ça donne la société des loisirs...

Philippe  : Vous comprenez pas que c'est vital ! Que j'ai envie d'être aimé !J'essaie d'identifier ce que je suis !

La G-M  : Mais qu'est-ce qui dit ?

La mère  : Si au moins y faisait des lavandes...

Le père  : Oui, ou des moulins...

La G-M  : Des baudets...

Philippe  : Et pourquoi pas des bords de mer pendant que vous y êtes...

Le père  : Mais Philippe les bords de mer peuvent être pas dégueulasses des fois.

La G-M  : Pas la Méditerranée !

La mère  : Fais des concessions Philippe; ça se fait dans les deux sens...

Le père  : T'as qu'à peindre des biches.

La mère  : Mais non lui il faut qui fasse des trucs délirants en s'mettant en catogan...

Le père  : Ou en bermuda...

La mère  : Pour monter qu'il est super cool !

La G-M  : C'est du flan quoi...

Philippe  : (explosant) Mais non j'ai envie...

La Mère  : De quoi t'as envie ?

Philippe  : j'ai envie de...

Le père  : Y sais même pas...

Philippe  : Les rois

Tous rient excepté Philippe

Le père  : Des rois ?

Philippe  : ça me travaille...

La mère ( commence à pleurer croyant son fils fou)  : Il a déjà fallu qu'tu fasse un singe en présence d'une tronche de la guerre de 14 ! ! ! ?

Philippe  : Les rois j'vais en faire vingt !

Le père  : Tu vas quand même pas faire ta vie autour des rois ?

La mère  : (désespéré) tu vas peut-être trouver autre chose quand même ?

La G-M  : Au moins il occupe sa vie à quelque chose...

Le père  : c'est pace qui s'emmerde.

Philippe (comme illuminé)  : Il y a un chemin... Je pousse une sorte de rail, de wagon sur des rails, c'est une façon d'être le petit Poucet et de semer Son chemin...

Le père  : Mais, Heu...

Philippe  : Le côté romantique de la peinture... échevelé...On fait la boum, la bamboula, on est génial...

La G-M  : C'est pour qui tout ce cinéma ?

La mère (effondrée) C'est tout les jours


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