Marivaux : Les acteurs de bonne foi 1757 [Ex de théâtre dans le théâtre]

Publié le par Maltern


Vous trouverez cette pièce courte 11p. au lien suivant : Marivaux_Acteurs-de-bonne-foi-Blog.doc Marivaux_Les Acteurs de bonne foi

Des images de la présentation pour le bac 2008 au lien suivant : Présentation Exercices 2008 Marivaux acteurs de bonne foi

Personnages

Madame Argante, mère d'Angélique.

Madame Amelin, tante d'Eraste.

Araminte, amie commune.

Eraste, neveu de Madame Amelin, amant d'Angélique.

Angélique, fille de Madame Argante.

Merlin, valet de chambre d'Eraste, amant de Lisette.

Lisette, suivante d'Angélique.

Blaise, fils du fermier de Madame Argante, amant de Colette.

Colette, fille du jardinier.

Un notaire de village.


La scène est dans une maison de campagne de Madame Argante.



Scène première.

Eraste, Merlin


Merlin. - Oui, Monsieur, tout sera prêt; vous n'avez qu'à faire mettre la salle en état; à trois heures après midi, je vous garantis que je vous donnerai la comédie.

Eraste. - Tu feras grand plaisir à Madame Amelin, qui s'y attend avec impatience; et de mon côté, je suis ravi de lui procurer ce petit divertissement: je lui dois bien des attentions; tu vois ce qu'elle fait pour moi; je ne suis que son neveu, et elle me donne tout son bien pour me marier avec Angélique, que j'aime. Pourrait-elle me traiter mieux, quand je serais son fils?

Merlin. - Allons, il en faut convenir, c'est la meilleure de toutes les tantes du monde, et vous avez raison; il n'y aurait pas plus de profit à l'avoir pour mère.

Eraste. - Mais, dis-moi, cette comédie dont tu nous régales, est-elle divertissante? Tu as de l'esprit, mais en as-tu assez pour avoir fait quelque chose de passable?

Merlin. - Du passable, Monsieur? Non, il n'est pas de mon ressort; les génies comme le mien ne connaissent pas le médiocre; tout ce qu'ils font est charmant ou détestable; j'excelle ou je tombe, il n'y a jamais de milieu.

Eraste. - Ton génie me fait trembler.

Merlin. - Vous craignez que je ne tombe? mais rassurez-vous. Avez-vous jamais acheté le recueil des chansons du Pont-Neuf? Tout ce que vous y trouverez de beau est de moi. Il y en a surtout une demi-douzaine d'anacréontiques, qui sont d'un goût...

Eraste. - D'anacréontiques! Oh! puisque tu connais ce mot-là, tu es habile, et je ne me méfie plus de toi. Mais prends garde que Madame Argante ne sache notre projet; Madame Amelin veut la surprendre.

Merlin. - Lisette, qui est des nôtres, a sans doute gardé le secret. Mademoiselle Angélique, votre future, n'aura rien dit. De votre côté, vous vous êtes tu. J'ai été discret. Mes acteurs sont payés pour se taire; et nous surprendrons, Monsieur, nous surprendrons.

Eraste. - Et qui sont tes acteurs?

Merlin. - Moi, d'abord; je me nomme le premier, pour vous inspirer de la confiance; ensuite, Lisette, femme de chambre de Mademoiselle Angélique, et suivante originale; Blaise, fils du fermier de Madame Argante; Colette, amante dudit fils du fermier, et fille du jardinier.

Eraste. - Cela promet de quoi rire.

Merlin. - Et cela tiendra parole; j'y ai mis bon ordre. Si vous saviez le coup d'art qu'il y a dans ma pièce!

Eraste. - Dis-moi donc ce que c'est.

Merlin. - Nous jouerons à l'impromptu, Monsieur, à l'impromptu.

Eraste. - Que veux-tu dire: à l'impromptu?

Merlin. - Oui. Je n'ai fourni que ce que nous autres beaux esprits appelons le canevas; la simple nature fournira les dialogues, et cette nature-là sera bouffonne.

Eraste. - La plaisante espèce de comédie! Elle pourra pourtant nous amuser.

Merlin. - Vous verrez, vous verrez. J'oublie encore à vous dire une finesse de ma pièce; c'est que Colette qui doit faire mon amoureuse, et moi qui dois faire son amant, nous sommes convenus tous deux de voir un peu la mine que feront Lisette et Blaise à toutes les tendresses naïves que nous prétendons nous dire; et le tout, pour éprouver s'ils n'en seront pas un peu alarmés et jaloux; car vous savez que Blaise doit épouser Colette, et que l'amour nous destine, Lisette et moi, l'un à l'autre. Mais Lisette, Blaise et Colette vont venir ici pour essayer leurs scènes; ce sont les principaux acteurs. J'ai voulu voir comment ils s'y prendront; laissez-moi les écouter et les instruire, et retirez-vous: les voilà qui entrent.

Eraste. - Adieu; fais-nous rire, on ne t'en demande pas davantage.


Scène II.

Lisette, Colette, Blaise, Merlin


Merlin. - Allons, mes enfants, je vous attendais; montrez-moi un petit échantillon de votre savoir-faire, et tâchons de gagner notre argent le mieux que nous pourrons; répétons.

Lisette. - Ce que j'aime de ta comédie, c'est que nous nous la donnerons à nous-mêmes; car je pense que nous allons tenir de jolis propos.

Merlin. - De très jolis propos; car, dans le plan de ma pièce, vous ne sortez point de votre caractère, vous autres: toi, tu joues une maligne soubrette à qui l'on n'en fait point accroire, et te voilà; Blaise a l'air d'un nigaud pris sans vert, et il en fait le rôle; une petite coquette de village et Colette, c'est la même chose; un joli homme et moi, c'est tout un. Un joli homme est inconstant, une coquette n'est pas fidèle: Colette trahit Blaise, je néglige ta flamme. Blaise est un sot qui en pleure, tu es une diablesse qui t'en mets en fureur; et voilà ma pièce. Oh! je défie qu'on arrange mieux les choses.

Blaise. - Oui, mais si ce que j'allons jouer allait être vrai, prenez garde, au moins, il ne faut pas du tout de bon; car j'aime Colette, dame!

Merlin. - A merveille! Blaise, je te demande ce ton de nigaud-là dans la pièce.

Lisette. - Ecoutez, Monsieur le joli homme, il a raison; que ceci ne passe point la raillerie; car je ne suis pas endurante, je vous en avertis.

Merlin. - Fort bien, Lisette! Il y a un aigre-doux dans ce ton-là qu'il faut conserver.

Colette. - Allez, allez, Mademoiselle Lisette; il n'y a rien à appriander pour vous; car vous êtes plus jolie que moi; Monsieur Merlin le sait bien.

Merlin. - Courage, friponne; vous y êtes, c'est dans ce goût-là qu'il faut jouer votre rôle. Allons, commençons à répéter.

Lisette. - C'est à nous deux à commencer, je crois.

Merlin. - Oui, nous sommes la première scène; asseyez-vous là, vous autres; et nous, débutons. Tu es au fait, Lisette. (Colette et Blaise s'asseyent comme spectateurs d'une scène dont i s ne sont pas.) Tu arrives sur le théâtre, et tu me trouves rêveur et distrait. Recule-toi un peu, pour me laisser prendre ma contenance.


Scène III.

Merlin, Lisette, (Colette et Blaise, assis.)


Lisette, feignant d'arriver. - Qu'avez-vous donc, Monsieur Merlin? vous voilà bien pensif.

Merlin. - C'est que je me promène.

Lisette. - Et votre façon, en vous promenant, est-elle de ne pas regarder les gens qui vous abordent?

Merlin. - C'est que je suis distrait dans mes promenades.

Lisette. - Qu'est-ce que c'est que ce langage-là? il me paraît bien impertinent.

Merlin, interrompant la scène. - Doucement, Lisette, tu me dis des injures au commencement de la scène, par où la finiras-tu?

Lisette. - Oh! ne t'attends pas à des régularités, je dis ce qui me vient; continuons.

Merlin. - Où en sommes-nous?

Lisette. - Je traitais ton langage d'impertinent.

Merlin. - Tiens, tu es de méchante humeur; passons notre chemin, ne nous parlons pas davantage.

Lisette. - Attendez-vous ici Colette, Monsieur Merlin?

Merlin. - Cette question-là nous présage une querelle.

Lisette. - Tu n'en es pas encore où tu penses.

Merlin. - Je me contente de savoir que j'en suis où me voilà.

Lisette. - Je sais bien que tu me fuis, et que je t'ennuie depuis quelques jours.

Merlin. - Vous êtes si savante qu'il n'y a pas moyen de vous instruire.

Lisette. - Comment, faquin! tu ne prends pas seulement la peine de te défendre de ce que je dis là?

Merlin. - Je n'aime à contredire personne.

Lisette. - Viens ça, parle; avoue-moi que Colette te plaît.

Merlin. - Pourquoi veux-tu qu'elle me déplaise?

Lisette. - Avoue que tu l'aimes.

Merlin. - Je ne fais jamais de confidence.

Lisette. - Va, va, je n'ai pas besoin que tu me la fasses.

Merlin. - Ne m'en demande donc pas.

Lisette. - Me quitter pour une petite villageoise!

Merlin. - Je ne te quitte pas, je ne bouge.

Colette, interrompant de l'endroit où elle est assise. - Oui, mais est-ce du jeu de me dire des injures en mon absence?

Merlin, fâché de l'interruption. - Sans doute, ne voyez-pas bien que c'est une fille jalouse qui vous méprise?

Colette. - Eh bien! quand ce sera à moi à dire, je prendrai ma revanche.

Lisette. - Et moi, je ne sais plus où j'en suis.

Merlin. - Tu me querellais.

Lisette. - Eh! dis-moi, dans cette scène-là, puis-je te battre?

Merlin. - Comme tu n'es qu'une suivante, un coup de poing ne gâtera rien.

Lisette. - Reprenons donc, afin que je le place.

Merlin. - Non, non, gardons le coup de poing pour la représentation, et supposons qu'il est donné; ce serait un double emploi, qui est inutile.

Lisette. - Je crois aussi que je peux pleurer dans mon chagrin.

Merlin. - Sans difficulté; n'y manque pas, mon mérite et ta vanité le veulent.

Lisette, éclatant de rire. - Ton mérite, qui le veut, me fait rire. (Feignant de pleurer.) Que je suis à plaindre d'avoir été sensible aux cajoleries de ce fourbe-là! Adieu: voici la petite impertinente qui entre; mais laisse-moi faire. (En s'interrompant.) Serait-il si mal de la battre un peu?

Colette, qui s'est levée. - Non pas, s'il vous plaît; je ne veux pas que les coups en soient; je n'ai point affaire d'être battue pour une farce: encore si c'était vrai, je l'endurerais.

Lisette. - Voyez-vous la fine mouche!

Merlin. - Ne perdons point le temps à nous interrompre; va-t'en, Lisette: voici Colette qui entre pendant que tu sors, et tu n'as plus que faire ici. Allons, poursuivons; reculez-vous un peu, Colette, afin que j'aille au-devant de vous.



Scène XI.

Madame Amelin, Araminte, Madame Argante, Eraste, Angélique, Merlin


Madame Argante continue. - La comédie que vous nous destinez est-elle bientôt prête?

Merlin. - J'ai rassemblé tous nos acteurs; ils sont là, et nous allons achever de la répéter, si l'on veut.

Madame Argante. - Qu'ils entrent.

Madame Amelin. - En vérité, cela est inutile.

Madame Argante. - Point du tout, Madame.

Araminte. - Je ne présume pas, quoi que l'on fasse, que Madame veuille rompre l'engagement qu'elle a pris avec moi; la comédie se jouera quand on voudra, mais Eraste m'épousera, s'il vous plaît.

Madame Argante. - Vous, Madame? Avec vos quarante ans! il n'en sera rien, s'il vous plaît vous-même, et je vous le dis tout franc, vous avez là un très mauvais procédé, Madame; vous êtes de nos amis, nous vous invitons au mariage de ma fille, et vous prétendez en faire le vôtre et lui enlever son mari, malgré toute la répugnance qu'il en a lui-même; car il vous refuse, et vous sentez bien qu'il ne gagnerait pas au change; en vérité, vous n'êtes pas concevable: à quarante ans lutter contre vingt! Vous rêvez, Madame. Allons, Merlin, qu'on achève.


Scène XII.

Tous les acteurs.

 

Madame Argante continue. - J'ajoute dix pistoles à ce qu'on vous a promis, pour vous exciter à bien faire. Asseyons-nous, Madame, et écoutons.

Madame Amelin. - Ecoutons donc, puisque vous le voulez.

Merlin. - Avance, Blaise; reprenons où nous en étions. Tu te plaignais de ce que j'aime Colette; et c'est, dis-tu, Lisette qui te l'a appris?

Blaise. - Bon! qu'est-ce que vous voulez que je dise davantage?

Madame Argante. - Vous plaît-il de continuer, Blaise?

Blaise. - Non; noute mère m'a défendu de monter sur le thiâtre.

Madame Argante. - Et moi, je lui défends de vous en empêcher: je vous sers de mère ici, c'est moi qui suis la vôtre.

Blaise. - Et au par-dessus, on se raille de ma parsonne dans ce peste de jeu-là, noute maîtresse; Colette y fait semblant d'avoir le coeur tendre pour Monsieur Merlin, Monsieur Merlin de li céder le sien; et maugré la comédie, tout ça est vrai, noute maîtresse; car ils font semblant de faire semblant, rien que pour nous en revendre, et ils ont tous deux la malice de s'aimer tout de bon en dépit de Lisette qui n'en tâtera que d'une dent, et en dépit de moi qui sis pourtant retenu pour gendre de mon biau-père.

Les dames rient.

Madame Argante. - Eh! le butor! on a bien affaire de vos bêtises. Et vous, Merlin, de quoi vous avisez-vous d'aller faire une vérité d'une bouffonnerie? Laissez-lui sa Colette, et mettez-lui l'esprit en repos.

Colette. - Oui, mais je ne veux pas qu'il me laisse, moi; je veux qu'il me garde.

Madame Argante. - Qu'est-ce que cela signifie, petite fille? Retirez-vous, puisque vous n'êtes pas de cette scène-ci; vous paraîtrez quand il sera temps; continuez, vous autres.

Merlin. - Allons, Blaise, tu me reproches que j'aime Colette?

Blaise. - Eh! morguié, est-ce que ça n'est pas vrai?

Merlin. - Que veux-tu, mon enfant? elle est si jolie, que je n'ai pu m'en empêcher.

Blaise, à Madame Argante. - Eh bian! Madame Argante, velà-t-il pas qu'il le confesse li-même?

Madame Argante. - Qu'est-ce que cela te fait, dès que ce n'est qu'une comédie?

Blaise. - Je m'embarrasse, morguié! bian de la farce; qu'alle aille au guiable, et tout le monde avec!

Merlin. - Encore!

Madame Argante. - Quoi! on ne parviendra pas à vous faire continuer?

Madame Amelin. - Eh! Madame, laissez là ce pauvre garçon: vous voyez bien que le dialogue n'est pas son fort.

Madame Argante. - Son fort ou son faible, Madame, je veux qu'il réponde ce qu'il sait, et comme il pourra.

Colette. - Il braira tant qu'on voudra; mais c'est là tout.

Blaise. - Eh! pardi! faut bian braire, quand on en a sujet.

Lisette. - A quoi sert tout ce que vous faites là, Madame? Quand on achèverait cette scène-ci, vous n'avez pas l'autre; car c'est moi qui dois la jouer, et je n'en ferai rien.

Madame Argante. - Oh! vous la jouerez; je vous assure.

Lisette. - Ah! nous verrons si on me fera jouer la comédie malgré moi.


Scène XIII.

Tous les acteurs de la scène précédente, et Le Notaire qui arrive.


Le Notaire, s'adressant à Madame Amelin. - Voilà, Madame, le contrat que vous m'avez demandé; on y a exactement suivi vos intentions.

Madame Amelin, à Araminte, bas. - Faites comme si c'était le vôtre. (A Madame Argante.) Ne voulez-vous pas bien honorer ce contrat-là de votre signature, Madame?

Madame Argante. - Et pour qui est-il donc, Madame?

Araminte. - C'est celui d'Eraste et le mien.

Madame Argante. - Moi! signer votre contrat, Madame! ah! je n'aurai pas cet honneur-là, et vous aurez, s'il vous plaît, la bonté d'aller vous-même le signer ailleurs. (Au notaire.) Remportez, remportez cela, Monsieur. (A Madame Amelin.) Vous n'y songez pas, Madame; on n'a point ces procédés-là; jamais on n'en vit de pareils.

Madame Amelin. - Il m'a paru que je ne pouvais marier mon neveu, chez vous, sans vous faire cette honnêteté-là, Madame, et je ne quitterai point que vous n'ayez signé, qui pis est; car vous signerez.

Madame Argante. - Oh! il n'en sera rien; car je m'en vais.

Madame Amelin, l'empêchant. - Vous resterez, s'il vous plaît; le contrat ne saurait se passer de vous. (A Araminte.) Aidez-moi, Madame; empêchons Madame Argante de sortir.

Araminte. - Tenez ferme, je ne plierai point non plus.

Madame Argante. - Où en sommes-nous donc, Mesdames? Ne suis-je pas chez moi?

Eraste, à Madame Amelin. - Eh! à quoi pensez-vous, Madame? Je mourrais moi-même plutôt que de signer.

Madame Amelin. - Vous signerez tout à l'heure, et nous signerons tous.

Madame Argante. - Apparemment que Madame se donne ici la comédie, au défaut de celle qui lui a manqué.

Madame Amelin, riant. - Ah! ah! ah! Vous avez raison; je ne veux rien perdre.

Le Notaire. - Accommodez-vous donc, Mesdames; car d'autres affaires m'appellent ailleurs. Au reste, suivant toute apparence, ce contrat est à présent inutile, et n'est plus conforme à vos intentions, puisque c'est celui qu'on a dressé hier, et qu'il est au nom de Monsieur Eraste et de Mademoiselle Angélique.

Madame Amelin. - Est-il vrai? Oh! sur ce pied-là, ce n'est pas la peine de le refaire; il faut le signer comme il est.

Eraste. - Qu'entends-je?

Madame Argante. - Ah! ah! j'ai donc deviné; vous vous donniez la comédie, et je suis prise pour dupe; signons donc. Vous êtes toutes deux de méchantes personnes.

Eraste. - Ah! je respire.

Angélique. - Qui l'aurait cru? Il n'y a plus qu'à rire.

Araminte, à Madame Argante. - Vous ne m'aimerez jamais tant que vous m'avez haïe; mais mes quarante ans me restent sur le coeur; je n'en ai pourtant que trente-neuf et demi.

Madame Argante. - Je vous en aurais donné cent dans ma colère; et je vous conseille de vous plaindre, après la scène que je viens de vous donner!

Madame Amelin. - Et le tout sans préjudice de la pièce de Merlin.

Madame Argante. - Oh! je ne vous le disputerai plus, je n'en fais que rire; je soufflerai volontiers les acteurs, si l'on me fâche encore.

Lisette. - Vous voilà raccommodés; mais nous...

Merlin. - Ma foi, veux-tu que je te dise? Nous nous régalions nous-mêmes dans ma parade pour jouir de toutes vos tendresses.

Colette. - Blaise, la tienne est de bon acabit; j'en suis bien contente.

Blaise, sautant. - Tout de bon? baille-moi donc une petite franchise pour ma peine.

Lisette. - Pour moi, je t'aime toujours; mais tu me le paieras, car je ne t'épouserai de six mois.

Merlin. - Oh! Je me fâcherai aussi, moi.

Madame Argante. - Va, va, abrège le terme, et le réduis à deux heures de temps. Allons terminer.

FIN



 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article