Diderot et "La malédiction paternelle" de Greuze. La théâtralité.

Publié le par Maltern



Jean-Baptiste Greuze (1725-1805), Le Fils ingrat, 1777

« Le Fils ingrat » est le premier le premier tableau diptyque : « La malédiction paternelle ». Greuze reprend le thème biblique du Fils prodigue.

Description : Le fils, soutien d'une famille de pauvres paysans s'est enrôlé dans l'armée. Il abandonne les siens et le Père malade le maudit devant la famille la famille terrorisée.

 Théâtralisation des gestes : Cf. les bras. Détailler : les tensions et les significations. Tout est signe. Quel effet ? Grandiloquence ? Emotion ? Mouvements figés ou coulants ? S'agit-il de mouvement ou d'attitudes ? Qu'est-ce qu'une pose ?

Le rôle des femmes : La mère, un mouvement de bras pathétique, prise à témoin, liaison... Chaque bras indique une tension différente.

 - La sœur ? Le « standard » de la supplication.  Le jeune enfant : quel geste précément ?

- La jeune femme de gauche.

On peut se demander en orientant et qualifiant les jeux de forces : qui tire ? qui pousse ? qui repousse ? qui s'accroche ? qui retient ? Qui s'oppose ? qui soutient ? Cf. la rose des tensions chez Lecoq ou la biomécanique de Meyerhold.

- Y a-t-il des personnages hors tension ?

- Impression générale ? Quel genre dramatique ? Quel registre ? Chercher les expressions familières exprimant le dramatique ex. : « c'est tendu ! »

- Chercher dans les gestes : ce qui est droit, ce qui est courbe, tend vers le haut, vers le bas ? Peut-on parler de « verticale tragique » ?  

La création lumière ( !) : S'il s'agissait de projecteurs modernes... ce qui est mis en lumière et ce qui est laissé dans l'ombre. D'où vient la lumière (haut/bas, jardin/cour ?) Les jeux de couleurs apportent-ils du sens ? Le caché, le montré, l'entre aperçu ? Lumière plein feux, découpe, composée ? Chaudes ou froides ?

Les "masques" : les visages comment les expressions ? (Sévérité, détermination, etc.) Visages cachés / visages exposés. Les acteurs sont-ils "dans le corps" ou "dans le masque" ?

Parole / silence : qui parle et qui se tait ? Les tons de voix ? Fort / faible ? haut / bas ? Articulé / désarticulé ? Scandé, parlé, chnté, gémis, grommelé etc. ?

L'équilibre du plateau : répartition dans l'espace. En hauteur, profondeur (les plans de jeu), largeur ? Le lourd et le léger ? Des espaces ou les masses sont plus fortes ?  


 

 

« Le Fils puni » : second volet de « La malédiction paternelle ». Il est de retour et le Père agonise.

 

Occupation de l'espace : Comparer au premier tableau. Les protagonistes plus ou moins éloignés ? Quels sens les espaces vides entre eux ? Absence de tension ? Tension différente ? Analyser les lignes de force : horizontal/vertical. Le Couché, le debout. Le tendu et détendu dans les corps ? Les torsions dans les corps : à quels niveaux ? (Cou /épaules /bassins / genoux /jarrets ?) Analyse du mobile / immobile ?

Protagonistes et Chœur : Quels sont les rôles principaux, secondaires, les témoins. Qui parle et qui se tait ?  Qui est en relation avec qui ? Observer les regards ? Qui s'adresse à qui ? (Cf. les types d'adresses : à « tous » ou à Dieu, à quelqu'un, à soi, au public etc.)  

Peut-on parler de formation d'un chœur ? Peut-on distinguer à partir de ces observations entre le Tragique et le Dramatique entendus comme genres ? S'agit-il de corps tragiques ou dramatiques, voire mélodramatiques ? Peut-on repérer des « codes de jeu » ? Peut-on à partir des observations tenter de faire des différences entre le Sublime, le Tragique, le Pathétique, le Paroxystique ? Peut-on mettre des noms sur les attitudes ? Si l'on peut nommer est-ce du quotidien, de l'extraordinaire, de l'héroïque exceptionnel, du « jamais vu » ?

Le travail du décorateur : Distinguer entre le décorateur, et l'accessoiriste... quels sont ls accessoires, les acteurs jouent-ils avec, s'agit-il de supports de jeu ou pourrait-ils s'en passer ? Où sont-ils placés sur le plateau ? Ont-ils une signification particulière, voire « symbolique » ? L'espace est-il « clos » ou bien « ouvert » ? « Cube » ou « sphère » ? S'agit-il d'un théâtre de l'intime ou du public ? Pourquoi des rideaux ?

Les animaux sur la scène : Pourquoi ? Est-ce que cela apporte quelque chose ?


Pour découvrir ce que Denis Diderot a ressenti et pensé en voyant l'esquisse de ces deux tableaux, suivez le lien : 

Diderot critique de Greuze

Pour affiner le regard on peut se servir de la rose des efforts de Jacques Lecoq dans le corps poétique :
Lecoq  : la rose des efforts




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