♒ Bartabas du Cirque équestre Zingaro : vers une nouvelle forme de dialogue avec les tutelles ?

Publié le par Maltern



Lors de cette action, Charles Silvestre avait recueilli les propos de Caubère dans l’Humanité (10 juillet 2003) qui tente de faire comprendre la position inconfortable de Bartabas et d’autres représentants d’institutions qui n’étaient pas pour une grève menant à l'annulation de leurs spectacles et qui pourtant visait à  sauver  le statut d’intermittent auxquel leurs entreprises sont nécessairement redevables. [Voir à ce sujet dans le dossier l’article du Point sur la gestion de Zingaro.]


Bartabas la culture et l'Etat :   dossier sous Word
 

« Vous situez-vous carrément du côté des intermittents, en dépit des critiques qui ont été faites au mouvement par des artistes, des responsables, comme Chéreau, Mouchkine ou Bartabas, dont vous pouvez vous sentir proches ?

Philippe Caubère. Je ne suis pas du côté des intermittents, je suis un intermittent. Je suis un intermittent ayant décidé que, tant qu’il travaillait, il n’aurait pas recours aux droits que me donne ce système. Je passe des mois et des mois à préparer mes spectacles. Je suis donc intermittent, de fait, comme tous les camarades avec qui je travaille. Les réactions des artistes empêchés de jouer, je les comprends, d’autant plus que j’en suis un également. Quand Bartabas ou Ariane Mouchkine disent qu’il faut jouer, sachant qu’ils ont 60 personnes à charge, que le festival est une chose extrêmement importante pour leur existence, je respecte profondément leur réaction. C’est là où la situation où nous met le gouvernement est atroce, dégueulasse. Jean-Michel Ribes l’a dit l’autre jour à la télévision : c’est le choix de Sophie, se suicider ou tuer. C’est absolument effrayant. Le pire, c’est que le porte-parole du gouvernement soit maintenant le baron Ernest-Antoine Seillière. C’est à lui qu’on confie le soin de répondre aux artistes, aux comédiens, aux techniciens, aux musiciens de ce pays qui s’appelle la France, puisque le gouvernement a déclaré que ce n’était plus son problème. Et voilà cet homme du XVIIe siècle qui profère des appels à la guerre civile et qui reprend à son compte le fameux cri de la reine : " Ils veulent du pain ? Donnez-leur de la brioche ! " Comment peut-on, encore à notre époque, dire que des comédiens, des musiciens, des techniciens qui se mettent en grève sont une bande de dépenaillés, grassement indemnisés, manipulés par un syndicat ou par quelques gauchistes cachés parmi eux ? Jusqu’à présent, que je sache, il n’y a eu aucune action vraiment violente, hormis celle d’empêcher certains spectacles. » (L’Humanité 10 juillet 2003)






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