Living Theater (années 1960-80) : « happening », provocation et investissement de l’espace urbain

Publié le par Maltern

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Living Theater (années 1960-80) : « happening », provocation et investissement de l’espace urbain

 

Reconquête d’un lieu confisqué par le maintien de l’ordre urbain. Un des points de départ du théâtre que le théâtre dit « populaire » n’a jamais complè­tement abandonné. Rite de la fête populaire qui se déroule dans l’espace quotidien, ritualisé le temps du spectacle. Cérémonies paysannes, « rogations », cérémonies religieuses etc.

 

« Happening », spectacle ou non spectacle ? Donner à vivre ou donner à voir ? Existe-t-il encore des acteurs et des spectateurs ?

Ces « événements » sont nés aux Etats-Unis dans les années 60. L’initiateur est le musicien John Cage.

« Spectacle qui n’en est pas un, parce que l’art tend à s’y identifier à la vie et la vie à se confondre avec l’art.  Happening, événement unique où cesse la distinction entre l’acteur et le spectateur, ce dernier étant invité à une partici­pation totale, corps et âme. Ce qu’on recherche ce n’est rien moins qu’une redécouverte de soi et des autres, une sais

ie nouvelle du monde des objets au cours d’un jeu qui devient rythme... On tente de briser le carcan des habitudes et les schémas de la perception traditionnelle que nous a imposé notre civili­sation. C’est une entreprise de théâtralisation de la vie. »

[D. Bablet]

 

La rue investie par le Living Theatre, Happening et provocation poli­tique.

 

- « Six actes publics contre la violence du capital ».  Le groupe du Living s’ins­talle dans une ville industrielle d’Italie pour essayer de comprendre sa réalité sociale. Au bout de quelques mois il donne un « happening » dans les quartiers ouvriers avec l’intention de « provoquer » les gens à réfléchir sur l’exploitation qu’ils subissent du fait des cadences de travail, de la violence des institutions etc. Recherche de la réaction immédiate, de l’entraînement dans le récit col­lectif.

- Effacement du rapport acteur/public, recherche du contact humain authen­tique. Spectacle comme moyen pour susciter un engagement politique.

 

Julian Beck et Judith Malina découvrent Le Théâtre et son double d’ Artaud en 58. Font porter leurs recherches sur une révolu­tion dans le jeu de l’acteur, et sur le pro­blème de la participa­tion du pu­blic.

« Frankenstein » (1965 Venise) Structure tubulaire, 6 m de haut 10 large, divi­sée en 15 compartiments sur trois niveaux, re­liés par des échelles. Le disposi­tif intègre le plateau et la salle. Possi­bilité selon le voeu d’Artaud de repré­senter une ac­tion simultanée et de faire que le spectacle soit investi par le public.

« Paradise now » (68 Avignon) Les acteurs incarnent leurs propre per­sonnages in­terpellent le spectateur, s’entretiennent avec lui, le transportent hors de l’es­pace de la représentation.  Une aire de jeu centrale entourée par le public mais en cours de représentation les spectateurs peuvent envahir le plateau pour improviser à l’invitation des acteurs.

 

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