Durringer né en 1963 [02] Bal-Trap 1989-90

Publié le par Maltern

Durringer né en 1963 [02] Bal-Trap 1989-90

 

[Cf la préface à ce texte de Gildas Bourdet : Bourdet Gildas né en 1947 [01] Durringer, c’est pas un magnétophone sur pattes, c’est un auteur de théâtre. C.Q.F.D. ! ]

 

 

 

BAL-TRAP

 

 

 

PERSONNAGES

 

 

 

GINO

 

 LULU

 

 MUSO

 

 BULLE

 

 MUSICIEN

 

Sur la fin d’une nuit après un bal.

 

La scène se compose au fond sur la droite d’une petite estrade où était l’orchestre. Des lampions et des petites ampoules qui changeront de couleur selon les ambiances tout autour de la scène. Un homme joue un air de guitare dans un cercle de lumière.

 

 

 

Noir.

 

CINO.- On est dans le noir.

 

LULU.- je vois bien.

 

GINO.- Si tu vois bien, dis-moi où est la lumière ?

 

LULU.- Derrière toi.

 

GINO.- Sors ton briquet !

 

LULU.- Il est dans mon sac.

 

CINO.- Tu retrouves jamais rien là-dedans.

 

LULU.- Toi aussi t’en as un.

 

CINO.- Quoi?

 

LULU.- De briquet...

 

GINO.- Oui.

 

LULU.- Ben alors sors-le ! Toujours prêt à se faire servir !

 

GINO.- Commence pas. Voilà du feu.

 

LULU.- Moi aussi, j’en ai.

 

GINO.- Alors, c’est où ?

 

LULU.- Là, je crois.

 

GINO.- Tu crois ou t’es sûr ?

 

LULU.- Je suis sûre. J’ai bien vu tout à l’heure, le mec le faire.

 

 

 

Gino, en fond de scène, abaisse un levier et la lumière apparaît. LULU.- Enfin arrivés !

 

 

 

GINO.- Ha, c’est bien mieux.

 

 LULU.- Oui.

 

GINO.- Je préfère après les fêtes que pendant, en fait. On a plus d’air, plus de place. On peut bouger tranquille et se faire des choses sans être dérangés.

 

LULU.- Je me sens un peu bizarre.

 

GINO.- Comme si je jouais ma vie sur un coup de dés. J’écoute un peu les dés se cogner dans ma main, je souffle un coup dessus. Souffle dessus, toi aussi. Ça porte bonheur. Et allez, je lâche le morceau. Allez !

 

LULU.- Dis, toi aussi ?

 

GINO.- Quoi?

 

Lu-Lu.- Ça te met des crampes au bide ?

 

GINO.- Ben oui, qu’est-ce que tu crois ?

 

LULU.- Rien, je crois rien. Je me laisse aller.

 

GINO.- C’est un peu comme un pèlerinage. Saint-Jacques-de­Compostelle. Retour aux sources. Notre grand retour.

 

LULU.- C’était quand même bien ce bal, ce soir.

 

GINO.- Pourquoi tu dis quand même ?

 

LULU.- Parce que j’ai pas arrêté de penser à ce moment...

 

GINO.- Lequel ?

 

LULU.- Là, tout de suite, t’es bête ou quoi ?

 

GINO.- Oui, ça me fait drôle d’être là. LULU.- Toi aussi.

 

GINO.- Bien sûr. Je t’ai déjà dit.

 

LULU.- Alors, on fait comment ?

 

GINO.- Attend.

 

LULU.- Attendre quoi ?

 

GINO.- Pas se presser. Surtout pas se presser.

 

LULU.- Plus on attend, plus ça va être difficile.

 

GINO.- Moi, je crois le contraire.

 

LULU.- Faut y aller tant que c’est chaud, je peux pas me retenir.

 

GINO.- D’aller trop vite, on va tout faire rater.

 

LULU.- Mais non, mais non ! Qu’est-ce que tu racontes ?

 

GINO.- Bon, allez. Allons-y !

 

LULU.- Faut sortir toutes les choses, se mettre dans les conditions.

 

GINO.- Quelles conditions ?

 

LULU.- D’avant. Les conditions d’avant.

 

GINO.- Faut se rappeler exactement.

 

LULU.- La première image.

 

GINO.- La première image que j’ai eu de toi, t’étais là-bas contre le mur. T’avais l’air toute perdue dans tes nuages.

 

LULU.- Contre le mur de là-bas...

 

GINO.- Contre le mur. Qu’est-ce que t’attends ? Va te mettre contre le mur !

 

LULU.- Oui.

 

GINO.- T’avais un genou replié.

 

LULU.- Au début, tu me voyais pas.

 

GINO.- Je faisais juste semblant de ne pas te voir. Mais je t’avais même derrière la tête. Je pouvais te deviner, te sentir et je me disais merde, comment je vais faire pour aller lui parler ?

 

LULU.- Tu me tournais autour.

 

GINO.- Merde, comment je vais faire pour lui parler ?

 

LULU.- Tu tournais.

 

GINO.- Faut que je trouve un truc, quelque chose d’original à lui dire. Jésus-Marie !

 

LULU.- Ça m’amusait de te voir là, semblant penser à autre chose que moi.

 

GINO.- Et puis, je t’ai vue, dans tes yeux. J’ai vu ton genou replié et je pouvais voir loin jusqu’entre tes jambes. Loin. Une toute petite fraction de seconde, un éclair foudroyant. Je me suis dit nom de Dieu, si tu vas pas lui parler, tu feras jamais rien de bon de ta vie. Le cul qu’elle doit avoir, pas possible d’imaginer ça.

 

LULU.- Je te voyais tourner mine de rien et t’étais tout agité.

 

GINO.- Je croyais être sûr de moi pourtant.

 

LULU.- Et t’es venu me parler.

 

GINO.- Oui.

 

LULU.- Oui.

 

GINO.- Qu’est-ce que j’ai dit ?

 

LULU.- Tu m’as demandé du feu pour ta clope ou une clope pour ton feu.

 

GINO.- Non.

 

LULU.- Si.

 

GINO.- T’es sûre ? Moi, je me rappelle pas de ça.

 

LULU.- Rien de plus sûr, je te dis.

 

GINO.- Si c’est ça, c’est nul comme truc !

 

LULU.- Tu sais, c’est pas grave. T’aurais pu me demander n’importe quoi. C’est pas ça qu’était important... T’aurais même pu me parler chinois que ça aurait fait l’affaire.

 

GINO.- Je regardais tes yeux tout brillants et on a parlé.

 

LULU.- Tu as parlé ! Tu m’as raconté toute ta vie et je comprenais qu’un mot sur deux, tellement t’allais vite. T’étais tout embrouillé. Mais moi, je m’en foutais. Voyais que tes yeux, moi.

 

GINO.- Tout ce que je disais était clair comme de l’eau de roche.

 

LULU.- Tu me racontais ta vie entière.

 

GINO.- Non, juste les trucs importants, pour que tu saches un peu ce qui s’était passé avant toi et sans toi et que tu me poses pas des questions à tout bout de champ. Y a rien de plus chiant que quelqu’un qu’arrête pas de poser des questions !

 

LULU.- Et puis, t’as approché ta bouche tout lentement...

 

GINO.- Comme au ralenti, je me rappelle.

 

LULU.- Tu m’as embrassée.

 

GINO.- Oui.

 

LULU.- Alors ?

 

GINO.- Alors quoi ?

 

LULU.- Qu’est-ce que t’attends ?

 

GINO.- Rien.

 

LULU.- Bien embrasse-moi, alors !

 

GINO.- Oui.

 

LULU.- Qu’est-ce que tu fais ?

 

GINO.- Je mouille un peu mes lèvres. J’ai la bouche toute sèche.

 

LULU.- Embrasse-moi !

 

GINO.- C’est vrai, ça fait quelque chose, là...

 

LULU.- Dis plus rien ! Ils s’embrassent.

 

GINO.- Alors ?

 

LULU.- Quoi ?

 

GINO.- C’était comment ?

 

LULU.- Quoi ?

 

GINO.- Quoi ? quoi ? Le baiser, tiens ! C’était comment ?

 

LULU.- Je sais pas.

 

GINO.- Quoi, tu sais pas !

 

LULU.- Pas grave.

 

GINO.- Quoi, pas grave ?

 

LULU.- Pas pareil.

 

GINO.- Pourquoi pas pareil ?

 

LULU.- Y a quelque chose qu’était pas pareil.

 

GINO.- Ben, dis !

 

LULU.- C’est pas grave.

 

GINO.- Dis-moi !

 

LULU.- Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?

 

GINO.- Ce qu’a changé.

 

LULU.- C’était pas comme ça la première fois.

 

GINO.- Exactement la même chose.

 

LULU.- Non, je te dis... Y avait, comment dire ?... Quelque chose qu’était différent... tes bras pas pareils... tes mains... je ne sais pas... ta bouche, ta langue... oui, c’est ça, ta langue était plus chaude la première fois, toute brûlante dans ta bouche.

 

GINO.- Ma langue ! Ha ça, c’est la meilleure ! Comment tu veux que je fasse pour avoir une langue plus chaude ?

 

LULU.- Je sais pas.

 

GINO.- Elle est bien bonne, celle-là

 

LULU.- Tu me demandes, tu me demandes et quand je dis, tu

 

t’énerves !

 

GINO.- Je m’énerve pas... et toi ? Et toi ? La première fois, t’étais toute tremblante de partout, toute gesticulante, tu bougeais de partout, et

 

là, rien !

 

LULU.- Pourquoi tu dis ça ? D’abord, je gesticulais même pas.

 

GINO.- Qu’est-ce que tu faisais, alors ?

 

LULU.- J’étais normale.

 

GINO.- Normale ! Rembrasse-moi !

 

LULU.- Ça sert à rien.

 

GINO.- Embrasse-moi ! Ils s’embrassent.

 

GINO.- Pourquoi tu gardes les yeux ouverts ?

 

LULU.- Si tu le vois, c’est que les tiens aussi sont ouverts.

 

GINO.- Je les avais fermés et après je les ai ouverts pour voir.

 

16

 

LULU.- Tu me surveilles ?

 

GINO.- Ça va pas ? jamais de la vie !

 

LULU.- Si.

 

GINO.- Doucement ! Là. Ils se réembrassent.

 

GINO.- Qu’est-ce que tu regardes derrière moi, c’est intéressant ?

 

LULU.- Je pense.

 

GINO.- Tu penses ?

 

LULU.- Oui.

 

GINO.- A quoi ?

 

LULU.- Je pense à avant.

 

GINO.- A avant?

 

LULU.- A avant. Juste à avant. Là-bas, loin derrière nous. Je pense.

 

 

 

Arrive Bulle qui ne les voit pas. Lulu et Gino sortent.

 

Morceau de musique.

 

BULLE.- Jamais ! Plus jamais ! Plus jamais je tomberai amoureuse. Alors ça, plus jamais ! Tombée amoureuse... sur la tête, oui ! Ça, c’est sûr. Je le jure à qui veut bien m’entendre, on est pas prêts de me reprendre à ces petits jeux à la con. Je le jure devant Dieu, les hommes, les arbres et les petits oiseaux ! Aux étoiles, à la lune et bien,

 

rt c’est fini, l’amour ! L’amour, je connais hé bien, c’est pas fait pour moi. Z’ont pas le droit de rendre les gens aussi malheureux, c’est vrai, quoi ! Au nom de quoi ! De l’amour ? Laissez-moi rigoler un peu toute seule !

 

Arrive Muso qui aperçoit Bulle et l’observe. MUSO.- Bonjour...

 

BULLE.- ...

 

MUSO.- Bonsoir, plutôt... BULLE.- ...

 

MUSO.- Qu’est-ce que vous faites là, à c’t’heure, toute seule ici, vous attendez quelqu’un ?

 

17

 

BULLE.- ...

 

MUSO.- Ha, je comprends... italiano ? No. American ? Anglish ? Do you spik anglisch ? Germanic, Spania... russe ? Etrangère, vous êtes, vous êtes étrangère ? Stranger ? Française ? Sourde ?

 

BULLE.- J’entends.

 

MUSO.- Une française ! Y a que ça de vrai, une bonne française ! Génial ! Génial ! Je pouvais pas mieux tomber. Qu’est-ce que vous faites là ?

 

BULLE.- Ça se voit pas ? Je cueille des champignons. J’en ai un plein panier.

 

MUSO.- Ha, ça tombe bien. J’adore les champignons. Nature, en omelette ou sautés... n’importe, j’adore... n’importe comment, pourvu que je les mange avec vous.

 

BULLE.- Vous avez pas mieux à faire que de me casser les oreilles ?

 

MUSO.- Je peux faire quelque chose d’autre, danser... faire un truc avec vous... avec vous j’aimerais pousser un peu plus loin... la conversation !

 

BULLE.- Ben voyons ! Muso se met à danser.

 

BULLE.- Ça va, laisse tomber ! C’est pas la peine, vous fatiguez pas, je connais la musique.

 

MUSO.- Je peux te laisser, princesse !

 

BULLE.- Pourquoi vous me tutoyez ?

 

MUSO.- Parce que t’as l’air un peu triste et paumée et que les gens tristes se ressemblent. Juste pour ça.

 

BULLE.- Dégagez ! Foutez-moi la paix !

 

MUSO.- Ma petite amanite à la folie qui se rebelle ! Tu sais que t’es belle quand t’es colère ?

 

BULLE.- ... le premier gland de la saison, faut qui me tombe sur la tête !

 

MUSO.- Holà, faut pas faire monter la sauce, ma poule ! Moi je suis là, tranquille, gentiment. Faut être gentille avec les gens gentils, sinon ça va te revenir dans la tronche à la vitesse grand V, ma fille !

 

BULLE.- Ho, hé ho ! Pas la peine de vouloir jouer du muscle, j’ai compris. Vous ne voulez pas me laisser seule ? Alors, c’est moi qui vous laisse. Salut !

 

MUSO.- Tu me déranges pas vraiment, si tu vois ce que je veux dire ?

 

Elle sort.

 

MUSO.- ...Salut!... Hé, partez pas, mademoiselle... je voulais juste te parler. Ça fait de mal à personne de se parler un peu. C’est vrai !

 

Morceau de musique.

 

Gino et Lulu reviennent. Elle se met à danser. Gino la regarde, amusé, en se moquant un peu d’elle.

 

GINO.- Aie, aie, aie!... et puis je me souviens de cette deuxième nuit d’amour.

 

LULU.- Dans le petit hôtel.

 

GINO.- J’étais tellement heureux que je me suis même dit que je pourrais bien mourir tranquille après ça...

 

LULU.- Ouais.

 

GINO.- "Miramar", le petit hôtel "Miramar". Chambre 54.

 

LULU.- 53

 

GINO.- 54

 

LULU.- C’est comme si on me l’avait gravé dedans les yeux, ce chiffre. 53 !

 

GINO.- 53, c’était le chiffre qu’on voyait sur la porte d’en face, quand on sortait dans le couloir pour aller aux chiottes. 54, c’était le numéro de notre chambre à nous. 54.

 

LULU.- Jamais de la vie.

 

GINO.- Tu paries combien ?

 

LULU.- Tu vas pas recommencer avec tes paris à la con !

 

GINO.- Bon, c’est pas grave, de toute manière. 54 ou... On avait la douche et le petit déj’ compris. 120 balles la nuit, donné, c’était !

 

LULU.- Donné ! donné ! Ecoutez-le ! C’est facile, quand on ne sort pas une tune de sa poche. Donné ! Non mais, écoutez-le celui-là !

 

GINO.- Bon, ça va... et ça donnait sur la voie ferrée au lieu de la vue sur le lac. Mais ça, nous, on s’en foutait de la vue...

 

LULU.- C’était la dernière chambre... et notre premier petit chez nous... première nuit avec un papier fleuri.

 

GINO.- Des fleurs, même si on avait l’impression qu’on leur avait pissé dessus. Des fleurs.

 

LULU.- Ouais, et des tâches de solitude, comme du dis, derrière la

 

couvrante...

 

GINO.- Y a dû y avoir un paquet de gens qu’on dû s’aimer là-dedans.

 

LULU.- C’est ce que je me dis aussi, quand je passe la nuit à l’hôtel.

 

GINO.- Y a les murs qui sont tout chargés des nuits des autres et on entend des voix, des bruits, des coups, comme s’il y avait des

 

fantômes.

 

LULU.- Des fantômes ! C’était la radio qu’y avait à côté !

 

GINO.- Ben, je sais bien que c’était la radio, et tu te souviens de l’air

 

qu’y avait à la radio ?

 

Lulu commence à chanter un air et Gino fait l’idiot en en chantant un autre.

 

LULU.- Ça va, ça va !

 

GINO.- Quelle nuit blanche on a passé...

 

LULU.- Tu rigoles, tu t’es endormi comme une souche.

 

GINO.- Jamais de la vie. Je ne me suis jamais endormi avant toi.

 

LULU.- Ce qu’est bien, c’est que t’es sûr de toi.

 

GINO.- T’étais là tout contre moi...

 

LULU.- Bien dans le petit creux de ton épaule, l’odeur de ta peau... et tu dormais.

 

GINO.- J’ai pas fermé un oeil de la nuit et j’avais même peur de bouger pour pas te réveiller... même qu’à la fin, à force d’y penser, j’avais le bras tout bouffé par les fourmis. Alors, tu parles d’un sommeil !

 

LULU.- Hé bien moi, c’est pas ce que je me rappelle.

 

GINO.- Même que...

 

LULU.- On entendait les trains passer.

 

GINO.- On entendait les trains passer. Quelle nuit ! Putain de nuit de rêve ! J’écoutais les trains passer et je les prenais les uns après les autres, jusqu’au bout, tout là-bas, quand ça bute sur le rebord d’une ville. J’ai fait le tour du monde, cette nuit-là, avec toi. On a changé au moins dix fois de train.

 

LULU.- Au moins, on aura été quelque part, tous les deux. Ça aura bien été la seule fois...

 

GINO.- Pourquoi tu dis ça ?

 

LULU.- Tu sais très bien pourquoi !

 

GINO.- Non !

 

LULU.- Ha bon ! Ça fait trois ans pile ce soir qu’on est ensemble. C’est un anniversaire, tu sais ! Et on a jamais bougé de la maison !

 

GINO.- Ouais, on a juste fait autre chose de plus intéressant. Si tu vois ce que je veux dire ?

 

LULU.- Pas vraiment.

 

GINO.- Là... cherche un peu !

 

LULU.- Six mois qu’on a pas baisé.

 

GINO.- Bon. On va pas y revenir.

 

LULU.- On en revient difficilement, en fait.

 

GINO.- Bon, ça va !

 

LULU.- Drôle d’anniversaire !

 

GINO.- Drôle d’anniversaire, en effet

 

LULU.- Alors, ça me fait drôle d’être là.

 

GINO.- Moi aussi.

 

LULU.- Si ce soir ça marche pas, c’est que c’est fini. Le dernier coup de la dernière chance.

 

GINO.- La dernière carte dans la manche. La dernière cartouche. Ha, ha, ça sent la poudre ! J’ai intérêt à être chaud avant, si je veux pas me

 

retrouver le cul dans les cageots.

 
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