Durringer Xavier né en 1963 [01] Chroniques des jours entiers, des nuits entières (Extraits)

Publié le par Maltern

CDurringer Xavier né en 1963 [01] Chroniques des jours entiers, des nuits entières (Extraits)

 

[ né à Paris en 1963. IL dirige une compagnie de théâtre, « La Lézarde », pour laquelle il écrit et met en scène des spectacles. Il écrit et réalise également pour le cinéma et la télévision.

 

A propos des "CHRONIQUES", il dit:

 

« Ce sont des bouts de texte, des pensées, de petits dialogues, des saynètes, des débuts de choses, des fragments d’histoire.

 

De petits événements croqués à chaud comme des instantanés, de petits Polaroïds.

 

Ce n’est pas un montage, dans un ordre d’histoire, chaque texte peut être pris à part, sorti du contexte, ce n’est pas une pièce.

 

C’est un matériau à jouer, des confrontations pour les acteurs, à se dire, à balancer contre le mur, sans fleurs, ni fards, des histoires d’amours, de thunes, des trucs classiques - quoi, de la vie de tous les jours, qui sont ici concentrés.

 

Ce sont des bribes, de petites coupures, des voix qui éclatent doucement, les voix de tout le monde et de personne, du sourire caché à la violence de jours entiers, de nuits entières. »

 

 

 

 

 

En savoir plus : biographie, filmographie, bibliographie complètes de Xavier Durringer sur

 

 www.theatre-contemporain.net ]

 

 

 

 


 

***

« Je n’ai aucune raison,

de perdre mes lunettes de soleil,

de dilapider mon argent,

d’oublier mon sac,

de laisser mon portefeuille,

de ne pas rentrer ce soir,

je n’ai aucune raison valable,

de rentrer cassé, fatigué,

sale et puant,

à bien y réfléchir.

Au premier soupir je me casse,

j’en attendrai pas deux,

je connais l’histoire,

les gestes d’agacement,

comment j’ai cassé une porte avec ma tête,

comment je me suis cassé la tête,

combien de fois je t’ai vue lever les yeux au ciel,

à croire que t’étais la madone,

avec des visions d’anges flottant,

combien de fois je t’ai entendue,

lever le ton pour rien,

comme si j’étais sourd

au premier soupir je me casse,

j’en attendrai pas deux,

je te préviens.

 

 

***

 

ELLE.‑ Parle moins fort !

 

LUI.‑ Je te signale que c’est pas moi qui crie !

 

ELLE.‑ Tu plaisantes ?

 

LUI.‑ C’est toi qui me hurle dessus pour me dire de baisser le ton.

 

ELLE.‑ Et moi, et moi, et moi, t’as pensé à moi, à moi une petite fois, non, t’as pas pensé à moi une petite seconde, t’as pensé qu’à toi, qu’à toi, qu’à ta gueule, tu penses qu’à ta gueule ! Et moi rien, je peux cre­ver, t’as pensé qu’à toi, rien qu’à toi !

 

LUI.‑ En tout cas elle y est pour rien, là‑dedans.

 

ELLE.‑ Est‑ce que je t’ai parlé d’elle, salaud, je t’ai pas parlé d’elle, je t’ai parlé de moi, t’as pensé à moi ? Non, tu ne penses qu’à toi !

 

***

 

Le temps liquide les gens qui s’aiment. Ils s’en vont ombres de balançoires se balançant les mots d’amour à la gueule avec la passion du désespoir.

Mettre une claque au plafond dans une ampoule allumée le rond de lumière pendule clair‑obscur balayant deux têtes de cons.

 

 

***

 

ELLE.‑ Tu peux m’embrasser ?

 

LUI.‑ Ça sert à rien qu’on commence quelque chose comme ça... puis­qu’il faudra s’arrêter à un moment ou à un autre.

 

ELLE.‑ Je comprends pas...

 

LUI.‑ Tu comprends pas, je t’explique, un jour ou l’autre, l’un ou l’autre quittera l’autre pour recommencer la même chose avec quelqu’un d’autre et ainsi de suite, je suis désolé mais je préfère pas, j’aime pas ainsi de suite, j’aime pas me répéter, répéter à chaque fois la même chose avec quelqu’un de différent, avoir à raconter ma vie, te présenter à mes amis, tu vas me présenter les tiens, puis la famille, tu vas me présenter tes parents, je vais te présenter les miens et voilà, après on va s’apprivoiser, ça va prendre du temps pour se connaître un peu et voilà, une fois qu’on en sera arrivé là, qu’est‑ce qu’on va faire une fois qu’on se connaîtra vrai­ment, et qu’on aura fait le tour, on va essayer de reprendre chacun des îlots de tranquillité, on va s’engueuler un peu et de plus en plus fort jus­qu’à se manquer de respect, on va se dire va te faire foutre ou va te faire enculer, on va parler de sexe et de pognon, on sera déjà tellement loin qu’on saura pas comment faire pour revenir en arrière, tu vois ?

Un jour je vais te dire je t’aime et tu vas éclater de rire. Alors je préfère pas commencer quelque chose avec toi. Je suis désolé, je t’embrasse pas, c’est trop grave comme truc.

 

ELLE.‑ Non mais tu sais on peut s’embrasser juste comme ça, sans importance, juste parce qu’on en a envie sans penser plus loin que ça... Sans conséquences, quoi...

 

LUI.‑ Tu vois ça commence, on n’est pas d’accord, pour toi ça n’a pas d’importance, ça me rend triste... C’est genre comme ça quoi, on s’en fout, on fait ça comme ça... Ça n’a aucun sens alors, doublement clair, qu’il faut pas qu’on s’embrasse a posteriori...

 

ELLE.‑ A posteriori ?

 

LUI.‑ Oui, a posteriori.

 

ELLE.‑ Putain ce que t’es fatigant, pourquoi il faut toujours que je tombe sur des mecs compliqués ?

 

LUI.‑ Pose‑toi la question!

 

ELLE.‑ Je fais peur ou quoi ? Je te fais peur ? T’as peur de quoi ?

 

LUI.‑ J’ai pas peur, je suis pas prêt, c’est tout. C’est une question d’in­carnation.

 

ELLE.‑ Au revoir.

 

LUI.‑ Attends, attends un peu que je t’explique.

 

ELLE.‑ C’est pas la peine.

 

LUI - Je me sens pas prêt de t’avoir dans la tête matin midi et soir, je suis pas prêt pour tout faire en fonction de toi, je suis pas prêt, c’est tout.

 

ELLE.‑ Et moi je suis pas prête de t’attendre, comme ça c’est bien, non ? Lui.‑ Ben voilà.

 

ELLE.‑ C’est con, non ?

 

LUI.‑ Ouais c’est con, mais je peux pas faire autrement, je suis désolé.

 

ELLE.‑ Pas tant que moi.

 

[24-25]

 

 

***

 

Quand t’as plus de mots qui vont.

Quand tes idées de partir ou de me tuer se court‑circuitent. Tu me lances :

un bouquin, une lampe, tes clés, les miennes, une assiette, la soucoupe et la tasse et le café et la nappe et le guéridon et le téléphone sans fil et celui avec le fil et tout un tas d’autres trucs, l’argenterie de la grand­mère et les photos de vacances, bord de mer avec palmier dans la gueule, nous sur le capot de la bagnole au ras des oreilles.

Scène d’amour dans les vagues et rouleaux tombe à mes pieds.

Je vois flotter les photos de nous comme des confettis pour le 14 juillet. Féria avec vachettes, vol plané d’acrobate, fuego del toro.

Toi lanceuse de couteaux et moi qui fait le karatéka japonais sankookai, je pare les coups. Le bottin de A à Z en comète de Haley et le vase et les fleurs que je t’avais achetées et l’eau des fleurs sur le courrier. Magnifique !

Le quatre‑quarts au yaourt vole Messieurs‑Dames, sans trucage il vole. Atterrissage explosif sur la moquette, alunissage réussi.

Après ça la seule question qui se pose et c’est sujet à une autre dispute, c’est :

Qui de nous deux va nettoyer ?

Et la responsabilité de chacun à se définir.

 

[ p 40]

 

***

 

Tu perds rien pour attendre. J’ai du mal à comprendre. Tu perds rien pour attendre. L’expression. Ce que ça veut dire. Tu perds rien pour attendre.

On peut le prendre comme on veut, ça dépend de l’intention, non ?

(douce, sensuelle) Tu perds rien pour attendre.

(dure, violente) Tu perds rien pour attendre. C’est tout et son contraire donc ça ne veut rien dire.

Tu perds rien pour attendre.

 

[ p 44 ]

 

***

 

Tu te mets une fleur dans les cheveux et tu crois que le monde entier sent la rose.

 

***

On  a tellement ri ensemble.

On s’est tellement amusé.

On a tellement traversé de nuits.

On a tellement fait.

On s’est tellement regardé.

On a tellement marché. Tellement vu les mêmes ciels.

Étoilés, pluvieux, pleins de lumières.

On s’est senti si légers.

On a tant attendu.

Qu’on a fini par payer le prix.

Le prix fort, on a payé un maximum.

Pour des résidus.

Des miettes de trucs.

[ p 45]

 

 

***

 

Moi, j’aime les Irlandais, parce qu’ils ont le fighting spirit, et moi j’essaye, je m’entraîne pour avoir le fighting spirit avec les filles, je me bats jusqu’au bout. Même quand il n’y a plus beaucoup d’espoir, je me bats !

C’est terrible cette impression d’être dominé dans les échanges, de savoir qu’au fond, on peut essayer d’élever le rythme, de s’autocadencer et au bout du compte d’accepter la terrible vérité, je suis toujours seul perdant, j’y pense sous la douche comme après les matches du dimanche matin.

Je me suis mis au foot très tard, parce que gamin, j’avais des problèmes relationnels, de timidité quoi, et je savais pas suffisamment bien jouer au ballon pour qu’on m’accepte dans une équipe, même à l’arrière. Alors j’y suis venu très tard, peut‑être même un peu trop tard, j’ai commencé à jouer au foot en fait quand les autres arrêtent tout pour aller aux surprises‑parties, aux boums, même problème au début que pour le foot, problèmes relationnels, de ce côté‑là, j’étais plutôt faible, vous voyez, la drague tout ça, c’était pour les autres, alors bon, je me retrouve aujourd’hui à essayer de rattraper le temps perdu, aujourd’hui j’essaye d’avoir des relations fugitives ou pas avec les femmes alors que les autres hommes de mon temps sont déjà presque tous mariés avec un chiard ou deux. Je m’en fous, j’ai le fighting spirit!

 

 

***

 

PIERRE - Pourquoi t’es pas avec elle?

FRED - Parce que... pas envie, tu vois, je suis mieux à rester là... elle chiale.

PIERRE - Elle chiale?

FRED - Oui elle chiale, et je peux pas te dire ce que ça me fait, en fait. Une femme pleure et j’ai l’impression que la vie s’arrête de tourner, tu vois d’un coup, stop là! Y a plus rien qui se passe.

PIERRE -  Moi ça m’énerve !

FRED ‑ Je sais bien, moi, ça me remue.

PIERRE - Tu crois qu’elle continue de chialer là?

FRED.‑ Ouais.

PIERRE - Tu veux pas retourner lui parler?

FRED.‑ Non, ça sert à rien, il faut qu’elle s’arrête toute seule et après on verra, on fera le point...

PIERRE - Et pourquoi elle pleure?

FRED.‑ J’en sais rien, va lui demander à elle, si elle le sait !

PIERRE.‑ C’est ton problème à toi, pas le mien, je vais pas aller lui parler à elle.

FRED.‑ Elle te dira peut‑être plus à toi qu’à moi. Parfois‑je dis des choses que je ne pense pas, juste pour avoir quelque chose à dire, mais elle comprend jamais rien comme il faut, je te jure.

PIERRE - Qu’est‑ce que tu lui as dit?

FRED.‑ Rien, rien, je m’en rappelle même plus, mais depuis elle hoquette, et je comprends rien de ce qu’elle me raconte, quand elle pleure comme ça... C’est pas possible, et moins je comprends ce qu’elle veut me dire, plus elle s’énerve et plus elle chiale...

 

[ p 24]

 

***

 

J’arrive pas à dire, j’arrive pas. Une simple chose j’y arrive pas... c’est... c’est un petit truc qui va pas, qui se déclenche pas, je voudrais vous dire, oh j’aimerais tellement que ça s’ouvre là‑dedans, mais ça s’ouvre pas, y a rien qu’en ressort, jamais, rien de bon, là, que vous puissiez lire là, deviner, sentir en même temps, même avant moi là ce que je sens, me le dire, mais y a un truc, un sale petit machinchose qui se voit pas, qui bouche ou je sais pas, un petit grain qui vient tout dérégler, enrayer, je sais pas, j’y pense et je vois pas, vraiment, la mécanique à l’air, putain ce que j’ai l’air !

Incroyable on croit en me voyant, on se dit elle va bien, c’t’incroyable ce que cette fille‑là va bien, elle pétille de partout, on a envie de la mordre, elle est comment dire juteuse, c’est ça, coulante, belle gonflée, oh putain ce qu’elle est belle on se dit, alléchante, cette fille est alléchante de partout, de la pointe à la plante, aïe, aïe, aïe, on se dit, c’est pas vrai ?

C’est pas vrai. C’est le châssis ça, une carcasse, un drôle de châssis, je sais pas, je sais pas.

Parfois quand la nuit se fait plus longue que d’habitude et que je suis là comme une conne à m’engouffrer des bouts de pain avec du beurre, du beurre de cacao ou de cacahuète, à tout vider de partout les frigos, les boîtes d’oeufs pour faire l’omelette, à ronger des tablettes, à compter mes jours devant des boites froides, à tremper n’importe quoi dans la confiture, je me dis qu’il faut que je devienne grosse et grasse, comme ça, encore plus grosse, comme ça personne, plus personne ne me regardera plus, plus je serai grosse moins on me verra, drôle non ?

Je pourrais m’allonger tranquille, étendre mes grosses jambes, me mettre sur le côté, je ferais comme une femme fatiguée, je ferais et je mangerais des tablettes et des tablettes de petites pastilles de toutes les couleurs, bleues, je fermerais les yeux et j’oublierais comment je m’appelle et comment j’étais tout en fermant les yeux et je mourirais, donc, je mourirais.

 

[ p 25]

 

***

 

Avant.

Avant je riais, de tout et de rien.

Avant je chantais, du lever au coucher.

Avant je dansais, n’importe où.

Avant je pouvais parler des heures de n’importe quoi à n’importe qui.

J’avais la soif pour ça, je connaissais ni les heures, ni les lieux.

J’avais la soif pour ça, j’allais vers l’amour comme un tir tendu, une balle de mitrailleuse, une balle perdue, j’attendais que ça touche, quelque part, quelqu’un.

Et voilà, ça t’a touché.

Avant toi, je riais.

Avant toi, je chantais.

Avant toi, je dansais.

Avant toi, je parlais des heures de n’importe quoi,

à n’importe qui.

[ p 28]

 

***

 

Avant, j’étais comme un poisson carnassier là, les dents longues, pointues, l’écaille dure, je remontais le courant, tu vois, toujours entre deux eaux, dans les bulles, dans le courant, remontant et sentant la fraîche, d’un coup de queue je te faisais vaciller tout ça. Je savais nager dans le milieu, dans le plein milieu, je savais trancher, fendre, foutre, je fendais, tu vois, un carnassier, je choppais les petits poissons, d’un coup de dent, d’un coup de mâchoire, tchac !

Je faisais du surplace tranquille tout au fond, tout au fond, dans la fraîche, dans les zones d’ombre, où tout est plat, tranquille, je me foutais le ventre sur le sable, et je restais là des heures à épouser le fond, je sentais que ça tournoyait autour de moi, les petites là, la croupe en l’air qu’attendaient que moi, que moi.

 

[ p 28]

 

***

 

FRED.‑ Je sens bien que t’es pas là, si, je sens bien que t’écoutes pas!

LUCIE.‑ Si, si...

FRED.‑ Dis pas « si‑si », t’es pas là, t’es ailleurs, où t’es?

LUCIE.‑ Je suis là.

FRED.‑ Où?

LUCIE.‑ Là, là avec toi, en face de toi!

FRED.‑ C’est pas la peine.

LUCIE.‑ Qu’est‑ce qu’est pas la peine?

FRED.‑ Que je me casse le cul, t’écoutes pas!

LUCIE.‑ Si...

FRED.‑ Non...

LUCIE.‑ Merde!

FRED.‑ Quoi?

LUCIE.‑ Merde!

FRED.‑ Ah ouais...

(seul) C’est ça, tire‑toi!... Ça revient au même de toute façon. Faut que j’arrête... Faut que j’arrête de parler...

[ p 29]

 

***

 

Je suis un con pour toi?

Tu penses que je suis un con?

Un autre pense que tu es conne et un autre et un autre.

Car tu es avec moi, à côté de moi.

On se partage un peu de la pièce.

Un peu de sorties le dimanche, le mauvais temps, la boîte de raviolis, quelques fruits, une cigarette, on se fait du bien, on fait l’amour, pas toujours, pas toujours bien, une fois sur deux, une fois sur trois.

Je viens là en toi, avant toi, parfois tu viens pas.

On essaye de venir en même temps, chacun sur notre route, chemin faisant l’un vers l’autre.

Et qui peut dire combien de temps cela peut durer.

 

[ p 36]

 

***

 

(petite chanson)

T’auras duré le temps d’une brosse à dents,

Juste le temps de se casser les dents

Le temps aidant pour ces choses là

Maintenant on peut se brosser chacun chez soi

Je pourrais te dire ce qu’on a perdu

Je pourrais te dire ce qu’on a pas cru

Tout ce qu’on a raté

Les petites pipes blanches pas cassées

On va se mettre, des nuits au clair

On va se mettre tout ça de côté

Faire des provisions pour l’hiver

Et de l’eau fraîche pour l’été.

 

[ p 36]

 

***

 

On est allé danser sur la piste tous les deux.

Mais rien ne se passait plus.

On faisait les gestes comme avant, je passais ma main dans ses cheveux, sur sa nuque comme avant, mais plus rien ne se passait.

On a continué de tourner sur la musique, à rien se dire, à plus rien faire, à être crispés resserrés l’un sur l’autre, à se regarder tourner, à attendre que ça se finisse tout ça, la musique, le manège, la comédie.

Tout le monde avait l’air de regarder vers nous, le sourire de travers, la bouche en coin pour sortir des conneries.

S’il vous plaît messieurs dames, ne nous laissez plus tourner ensemble, abattez‑nous, abattez‑nous, s’il vous plaît, s’il vous plaît, ne nous laissez plus tourner ensemble.

 

[ p 37 ]

 

***

 

C’est la vie qui tue, c’est la vie qui doucement te lamine et qui finit par te fermer les yeux.

 

C’est la vie doucement qui t’écoeure et te fatigue, de passer par des hauts et des bas, sans arrêt de faire l’ascenseur.

 

C’est la vie qui te tue sans avoir l’air d’y toucher, qu’à un moment tu vois, t’as plus envie de passer par des hauts et des bas, de jouer au liftier et tu décides de te coucher pour le compte.

 

[ p 37 ]

 

***

 

Il pose ses yeux sur moi, comme des brûlures de cigarettes. Il lit dedans, là, dedans ma tête. Il me transperce, il lit dedans, là, dedans ma tête. Il me gratte derrière les yeux, il s’insinue, il rampe, il ronge, il perce.

 

Alors après faut pas qu’il s’étonne si j’ai mal à la tête, aux sinus, je suis la championne pour la sinusite, la conjonctivite, les petites croûtes au coin de l’oeil comme les chatons à la naissance, que j’ai le ventre en eau de boudin, que j’enfle, que je me ronge les ongles et les sangs, que je pleure pour

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