C Biet : Règlement et répartition du public réduisent l’influence des doctes et mondains la loi de 1759

Publié le par Maltern

Règlement et répartition du public réduisent l’influence des doctes et mondains la loi de 1759

 

« Dans les théâtres de l’âge classique, les spectateurs se répartissent en quatre groupes. Sur les côtés, les logesparterre (notre orchestre actuel), debout, est plus mélangé et ne cesse de parler. On sait que, dans les années 1680, la mode est de siffler ; et même si l’on a cherché à limiter la présence des laquais et des mousquetaires belliqueux, le parterre a l’habitude d’apostropher les comédiens et de multiplier les bons mots. Au fond de la salle, assis sur des gradins disposés en amphithéâtre, se tiennent les « doctes », critiques et auteurs, amis comme adversaires de la pièce. Enfin, la scène elle-même est encombrée de spectateurs (il peut y en avoir jusqu’à une centaine) : dès 1637, le Théâtre du Marais, bientôt suivi par l’ensemble des théâtres parisiens, y loue des places, sur les côtés et quelquefois même au fond. Ces spectateurs font en quelque sorte partie du spectacle puisqu’on peut voir leurs réactions comme juger de leur intérêt. Souvent composé de jeunes mondains turbulents, ce public regarde surtout la salle et les loges. Ces « bancs » ne seront supprimés définitivement qu’en 1759. accueillent principalement les femmes et la noblesse. Le public du

 

Il était difficile de satisfaire les différents publics (gens de qualité, parterre, doctes, mondains) en même temps et les auteurs, en se réclamant de plus en plus des « honnêtes gens », ont eu tendance à exclure peu à peu les doctes (les gradins de l’amphithéâtre) et les mondains (la scène), pour s’adresser essentiellement au goût commun du parterre et des loges. »

 

 

 

[Christian Biet : L’espace théâtral : un lieu de partage, TDC, CNDP, 1999]

 

 

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