Qui ? - François Joseph Talma 1763-1826 : Gloire nationale et réformateur de la scène

Publié le par Maltern

François Joseph Talma  1763-1826 : Gloire nationale et réformateur de la scène

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1787 débuts à la Comédie-Française (interprète Voltaire)
 

1789 : Création du Charles IX de M-J Chénier : scandale, interdiction de la censure mais le public assure le succès de la pièce.

 

Fonde son théâtre et y joue Shakespeare

 

1791 : quitte la Comédie-Française devenue Théâtre de la Nation, et fonde avec un groupe de comédiens le Théâtre de la République.

 

1799 retour à la Comédie-Française

 

 
 

 

Protégé de Napoléon : joue à Erfurt devant Napoléon, le Tsar de Russie, et un parterre de rois.

 

La réforme des costumes : il parachève cette réforme initiée par Lekain. Pour la première fois il met une toge romaine dans le rôle de Brutus en 1792. Au foyer un de ses camarades lui demande « s’il avait mis les draps de son lit sur ses épaules », mais le public, lui, est enthousiaste…

 

Cf. ce que Talma lui-même revendique dans ses Réflexions sur l’art théâtral : « sans craindre que l’on m’accuse de présomption, je puis dire que mon exemple a eu une grande influence sur tous les théâtres de l’Europe. Lekain n’aurait pu surmonter tant de difficultés : le temps n’était pas encore venu. Aurait-il hasardé les bras nus, la chaussure antique, les cheveux sans poudre, les longues draperies, les habits de laine ? Eût-il osé choquer à ce point les convenances du temps ? Cette mise sévère eût alors été regardée comme une toilette fort malpropre, et surtout fort peu décente. Lekain a donc fait tout ce qu’il pouvait faire, et le théâtre lui en doit la reconnaissance : il a fait le premier pas, et ce qu’il a osé nous a fait oser davantage. »

 

Cf. Jules Janin : « Il possédait tous les secrets des arts divers ; ses attitudes rappelaient les belles statues de l’antiquité ; son vêtement, sans qu’il y pensât, était drapé dans tous ses mouvements comme s’il eût eu le temps de l’arranger dans le plus parfait repos. »

 

 

 

 

 

 

 

La diction : rejet de l’emphase habituelle aux comédiens du Français. Cf. l’influence sur Hugo in Préface de Cromwell (1827)

 

* Cf. Mme de Staël « D’autres ont besoin de temps pour émouvoir, et font bien d’en prendre ; mais il y a dans la voix de cet homme je ne sais quelle magie qui, dès les premiers accents, réveille la sympathie du coeur. »

 

* « Pendant plusieurs années il fut victime des plus noires calomnies. Avait-il du succès dans un rôle, on n’en parlait pas, ou l’on voulait forcer l’opinion publique à le condamner.

 

On écrivait et l’on feignait de croire que son talent n’était propre qu’à représenter de grands coupables ; qu’il lui fallait des mélodrames. On lui reprochait des convulsions, une déclamation exagérée, des gestes plus propres à inspirer la terreur qu’à faire naître l’intérêt. Ses triomphes, l’assentiment du public, le vengèrent de ses zoïles. L’autorité elle-même se plut à lui offrir un dédommagement en l’appelant à la place de professeur au Conservatoire, en 1807. […] Si quelquefois sa brutale énergie et la force avec laquelle il sentait l’entraînèrent trop loin, c’est la faute de l’auteur et non la sienne. Un écrivain sans feu embarrasse l’acteur et le met hors de mesure. »

 

[Rapporté par Jules Janin, in Talma et Lekain, 1826].

 

 

 

Influence : en bousculant les conventions du spectacle tragique il lui donne le sens d'un drame historique et politique. Deux conséquences : les catégories de genre sont déstabilisées ; le théâtre prend une fonction militante au sein de la société.

 

 

 

 

 

  A dix ans il suffoque sur scène en jouant la tragédie :

 

 

 

« Le jeune Talma avait à peine atteint sa dixième année lorsque le penchant qui l’entraînait vers la carrière théâtrale se manifesta de la manière la plus originale. Un jésuite du collège où il étudiait avait composé une tragédie intitulée Tamerlan. Chargé de rendre compte de la mort du héros, Talma se pénétra si bien de la situation que l’illusion devint complète pour lui-même. Dans le passage le plus pathétique de son récit, il fut suffoqué par ses larmes et ne put continuer.

 

 

 

On l’emporta hors de la scène ; on tâcha de lui démontrer qu’il n’y avait rien de réel dans ce qui venait de se passer ; tous les efforts furent inutiles : le temps seul mit un terme à sa douleur, dont l’excès inspira quelques craintes pour sa santé. Peu de temps après, Talma partit pour l’Angleterre, dans l’intention de rejoindre son père et d’achever auprès de lui son éducation. »

 

[Rapporté par Jules Janin, in Talma et Lekain, 1826].

 

 

 

 

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